Libye : poursuite des évacuations à Misrata malgré les combats

Le bateau affrété par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a pu ce mercredi après midi accoster et quitter finalement le port de Misrata, ville libyenne assiégée depuis plus de deux mois par les forces pro-Kadhafi.

Photo :OIM

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Selon le porte-parole de l’OIM, le navire Red Star One a pu quitter cet après midi le port de Misrata avec à son bord 800 passagers dont pour la plupart des migrants mais aussi une cinquante de libyens blessés lors des combats. Le bateau est présentement en route vers Benghazi.

En raison des conditions sécuritaires à Misrata, cette opération de sauvetage s’est déroulée en une heure chrono. L’OIM a ainsi profité de la courte accalmie dans les combats dans cette ville libyenne pour évacuer ces personnes vulnérables. Jean-Philippe note que lors de diverses conversations téléphonique satellitaires avec l’équipe de l’OIM présent sur le navire, on entendait en arrière plan des bruits de bombardement et de tirs d’armes.

Le bateau Red Star One avait finalement accosté à Misrata ce mercredi, après avoir reçu dans la matinée le feu vert de l’Otan et des autorités portuaires de Misrata. Le bateau était bloqué depuis samedi à 16 milles du port, trois mines antinavires ayant été larguées par les forces pro-Kadhafi dans les eaux côtières. L’Otan, qui avait indiqué lundi n’avoir détruit pour l’instant que deux de ces trois mines, a cependant précisé que le port de Misrata n’était pas fermé et que l’organisation avait aménagé un couloir maritime.
Le bateau a pu décharger 180 tonnes d’aide humanitaire avant embarquer, au terme de cette opération, quelque 800 migrants, originaires principalement du Niger. « A priori, il y avait plusieurs ressortissants du Niger, du Nigeria, du Ghana et d’autres nationalités qui restent à déterminer », souligne Jean-Philippe Chauzy. Selon le porte-parole de l’OIM, le Red Star One devrait arriver jeudi après-midi à Benghazi, fief des insurgés libyens.

Plusieurs agences humanitaires ont appelé mardi à faciliter l’évacuation par mer et par voie terrestre de milliers de blessés et de migrants bloqués à Misrata.

Le programme d’évacuation humanitaire de l’OIM à Misrata est financé par le Bureau de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne, le Département britannique pour le développement international (DFID), l’Allemagne, l’Irlande et l’Australie.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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23/10/2017
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