Libye : l’ONU appelle les parties au conflit à signer un cessez-le-feu

Alors que les affrontements continuent entre les forces d'opposition et celles du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Abdul Ilah Khatib, a appelé les parties au conflit à instaurer un cessez-le-feu afin d'amorcer un processus de sortie de crise.

« Un véritable cessez-le-feu crédible doit être conclu afin de mettre un terme aux meurtres de civils innocents, dont des femmes et des enfants », a déclaré Abdul Ilah Khatib lors d’un exposé sur la situation en Libye devant les membres du Conseil de sécurité.

« Les autorités libyennes et le Conseil national de transition libyen (opposition) m’ont informé qu’ils étaient prêts à mettre en œuvre un cessez-le-feu à condition que l’autre partie respecte l’accord. Les deux parties ont déclaré qu’elles étaient prêtes à cesser les hostilités s’il existait un véritable désir de la part de l’autre partie de faire de même. Cependant, pour les autorités libyennes, un cessez-le-feu doit être accompagné par la fin des attaques par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) afin de poser les conditions d’un dialogue national », a-t-il ajouté.

Le 17 avril dernier, l’Envoyé spécial s’est rendu pour la troisième fois à Tripoli, accompagné par la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos. Les deux hauts responsables de l’ONU ont rencontré les autorités libyennes. Abdul Ilah Khatib s’est rendu par la suite à Benghazi, le fief des rebelles, afin de rencontré les membres du Conseil national de transition (CNT) libyen.

L’Envoyé spécial a indiqué que les autorités libyennes étaient d’accord pour que les Nations Unies coordonnent la mise en œuvre d’un cessez-le feu en étroite coordination avec l’Union africaine (UA).

Les membres du CNT ont de leur côté exigé le départ du Colonel Kadhafi et de sa famille et ont souligné qu’aucune négociation ne pourrait être conclue avec le clan au pouvoir.

« La principale difficulté est de mettre d’accord les deux camps sur les éléments essentiels du processus politique qui correspondent aux aspirations du peuple libyen », a dit l’Envoyé spécial.

Au total 665 000 personnes ont fui le pays depuis le début du conflit. L’exode vers la Tunisie depuis la région des Montagnes de l’Ouest en Libye a repris après une brève interruption la semaine dernière causée par des accrochages entre le gouvernement libyen et les insurgés, a souligné mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

Ce week-end, plus de 8 000 personnes, des Berbères pour la plupart, sont arrivés à Dehiba dans le sud de la Tunisie. La plupart sont des femmes et des enfants. « Leur situation est rendue encore plus difficile du fait d’une violente tempête de sable qui a balayé la région. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour la remise en état des camps situés dans cette zone. La tempête y a détruit des centaines de tentes et deux entrepôts mobiles », a indiqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

Classé sous Conseil de sécurité, L'info.
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14/12/2017
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