Libye : l'OIM préoccupée par le sort de plus de 3.800 migrants tchadiens

Plus de 3.800 Tchadiens, qui ont fui la Libye via le Niger pour retourner dans leur pays, sont dans une situation critique à la ville frontalière de Zouarké, dans le nord-est du Tchad.

Réfugiés à la frontière libyenne

Réfugiés fuyant la Libye

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en route vers Faya, ces migrants sont arrivés dans la ville frontalière (de Zouarké) entre le 20 et le 29 avril après un voyage long et dangereux depuis la Libye en passant par le Niger. Le porte-parole de l’OIM, Jean-Philippe Chauzy insiste d’ailleurs sur le fait que Zouarké est une région montagneuse et difficile d’accès.

L’OIM cite le gouvernement tchadien qui souligne que ces migrants, dont 310 femmes et enfants, sont dans une situation très difficile à Zouarké, ayant peu de nourriture, pas d’eau ni de moyens de transport pour se rendre dans le sud. Ces migrants sont essentiellement des Tchadiens dont 25 000 ont déjà fui le conflit libyen et rejoint les villes du nord de Faya et Kalait, a précisé l’OIM.

Comme beaucoup, ils ont choisi de faire un long détour par le Niger car la route principale – et la plus directe entre la Libye et le Tchad – est minée.

Faute de moyens, « ces personnes ne sont pas parvenues à arriver à Faya, qui est normalement le point d’arrivée au nord du Tchad, et se trouve à 600-700 km de Zouarké ». Selon le porte-parole de l’OIM, « ce sont des personnes qui sont vraiment en bout de course… et ont besoin d’une assistance immédiate ». Parmi elles, il y a également des centaines de femmes et d’enfants qui sont en grande détresse et qui n’ont pas accès à l’eau potable, le puits le plus proche de Zouarké se trouvant à 5 kilomètres.

L’OIM est en train de déployer des équipes de secours sur place et espère pouvoir rapatrier les plus vulnérables au cours des deux ou trois prochains jours.

L’organisation redoute, toutefois, une dégradation de la situation en raison de l’arrivée attendue d’un millier de nouveaux migrants. « Il s’agit une fois de plus d’un exemple des grandes souffrances que subissent les personnes qui quittent la Libye à l’heure actuelle », a commenté lors d’un point de presse Jean-Philippe Chauzy faisant référence également à ceux qui fuient par bateau et dont beaucoup ont trouvé la mort lors de traversées périlleuses.

Depuis le début de la rébellion contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi en février, des milliers de migrants travaillant en Libye ainsi que des Libyens tentent de fuir le pays soit dans les pays frontaliers, tels que la Tunisie, l’Egypte, le Niger et le Tchad, soit par mer pour rejoindre l’Europe.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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15/12/2017
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