Côte d'Ivoire : l’UNICEF préoccupé par la sécurité et la santé des enfants dans le sud-ouest

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est préoccupé par la situation des enfants et des femmes dans la province du Bas-Sassandra, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire. Des affrontements depuis plusieurs semaines près de la ville de Soubré ont forcé la population à fuir et ne permettent pas aux agences humanitaires des Nations Unies d'avoir accès aux personnes touchées pour apporter une aide qui peut sauver des vies.

La situation sécuritaire volatile a déjà forcé l'interruption d'une campagne d'immunisation rapide planifiée avec la Ministère de la Santé et l'OMS pour stopper la propagation d'une forme du virus de la polio (trois cas confirmés du poliovirus de type 3). Selon les officiels de l'Unicef, « Cette recrudescence récente de l'insécurité force l'interruption d'activités cruciales pour la survie des enfants telles que la vaccination contre la polio qui empêche les enfants d'être exposés à un virus qui risque de les laisser paralysés pour la vie ». Une campagne nationale contre la polio, incluant le district de Soubré, est prévue du 27 au 30 mai 2011 si les conditions sécuritaires le permettent.

Des informations préliminaires recueillies sur le terrain par des partenaires non-gouvernementaux de l'UNICEF dans le Bas-Sassandra indiquent qu'entre 4,000 et 6,000 personnes déplacées, principalement des femmes et de enfants, sont accueillies par les autorités locales depuis le 16 mai sur deux camps de fortune à Soubré. L'UNICEF et le gouvernement s'affèrent présentement à recueillir davantage d'information sur la situation des femmes et des enfants, mais les autorités éducatives régionales ont déjà confirmé que plusieurs écoles dans les zones de Sassandra et Gabiadji sont fermées à cause des violences et pillages.

Alors que le pays se remet sur la voie de la stabilité et du recouvrement, les humanitaires ne veulent pas oublier les besoins criants dans des endroits circonscrits du pays où une réponse rapide est toujours requise pour sauver la vie de femmes et d'enfants.

Les efforts du gouvernement sont soutenus par une réponse rapide aux besoins critiques qui ne sont toujours pas comblés tels que des abris adéquats, de l'eau et des latrines et des services de santé de base, pour n'en nommer que quelques-uns. Le risque d'épidémies étendues s'accroît avec les piètres conditions sanitaires dans lesquelles vivent les populations déplacées et auxquelles s'ajoutent le début de la saison de pluies et la faible qualité des services de santé fournis dans le contexte actuel de sortie de crise.

L'UNICEF craint que les conditions générales des femmes et des enfants déplacés puissent se détériorer davantage si un accès humanitaire sécurisé n'est pas rétabli rapidement pour permettre aux équipes sur le terrain de constater les besoins et d'acheminer une aide d'urgence. La situation pourrait aussi être pire dans d'autres zones du sud-ouest de la Côte d'Ivoire mais le manque d'accès et d'information ne permet pas aux agences humanitaires d'avoir une idée claire de la situation sur le terrain.

Interview : Louis Vigneault-Dubois, Responsable de la communication de l’UNICEF en Côte d’Ivoire ; propos recueillis par Alpha Diallo

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23/10/2017
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