Conseil de sécurité / RDC : les positions divergent sur le rôle de la MONUSCO

La MONUSCO devrait-elle rester plus longtemps en République Démocratique du Congo? L'action de la MONUSCO revêt –elle une importance majeure, compte tenu des chiffres alarmants sur les viols -plus d'un millier de femmes par jour selon certaines sources-, des violations aux droits de l'homme, de la récurrence de l'action des milices armées dans l'Est, de la fragilité des moyens de l'armée, de la carence de L'État de droit et d'une conjoncture politique dans le cadre de laquelle – toujours selon certains observateurs-, la route serait déjà bien dégagée pour Kabila pour les élections du 28 novembre 2011?... Malgré le scepticisme des observateurs, les diplomates affichent un optimisme mesuré.

Conseil de sécurité de l'ONU

Conseil de sécurité de l'ONU

Lors d'un débat consacré à l' avenir de la MONUSO au Conseil de sécurité des Nations Unies, les orateurs ont plaidé en faveur d'un retrait progressif de la MONUSCO, au profit d'une transition assistée dans le domaine de la consolidation de la paix et l'établissement d'un État de droit.

Ban Ki-moon qui participait au débat, s'est exprimé sur les acquis de la paix de la période écoulée : l'amélioration des conditions de sécurité sur une grande partie du territoire congolais, notamment. Le patron de l'ONU s'est dit, néanmoins, plus réservé sur le dossier de la sécurité. La présence de groupes armés étrangers et congolais, constituent encore une sérieuse menace. La situation humanitaire, avec 1,7 million de déplacés, demeure un facteur de préoccupation de taille. Sans minimiser le défi des élections dans les régions post-conflits, le patron de l'ONU a estimé, toutefois, que si les élections étaient bien menées en RDC, elles pourront indéniablement aider à consolider le progrès. Ban ki-moon a réitéré que les Nations Unies apporteront tout leur soutien au gouvernement congolais : appui logistique, technique, assistance au niveau national. L'ONU sera également présente sur le terrain pour relever les défis de la neutralisation des groupes armés, de la protection des civils, du renforcement de la lutte contre l'impunité, de la mise en place de forces de sécurité efficaces et de l'assainissement du secteur du commerce.

Raymond Chibanda, ministre de la coopération internationale et régionale de la RDC ne voit pas le rôle de l'ONU du même œil, notamment en ce qui concerne la préparation des élections. La prestance de la MONUSCO sera uniquement technique, selon lui. La RDC et ses institutions assureront pour leur part le bon déroulement du processus électoral dans les délais constitutionnels fixés.

Le ministre congolais fait l'apologie d'un gouvernement plus mûr, ayant déjèa mené une expérience réussite des élections en 2006. Son discours émaillé de quelques effets d'annonce, concernant la fin des opérations militaires n'a pas recueilli l'appui inconditionnel des 15 membres du Conseil de sécurité. «Les opérations militaires sont terminées», a-t-il déclaré et le passage -après le maintien de la paix-, à la phase de sa consolidation est de mise. Selon Raymond Chibanda, le Congo Kinshasa n'aurait plus besoin des militaires de l'ONU, mais de l'aide financière de la communauté internationale.


Concernant l'aide au développement, la liste des doléances présentée par la RDC est bien longue. A l'exception de la formation et de la professionnalisation des cadres de l'armée qui sera assuré par les instances régionales, La RDC sollicite l'aide de la communauté internationale pour la formation de la police nationale, le renforcement des capacités, des systèmes judiciaire et pénitentiaire, les projets de développement et la création de petites et moyennes entreprises. Le PNUD et les agences des Nations Unies seraient un partenaire de choix de la République démocratique du Congo, a laissé entendre Raymond Chibanda.

Pour sa part, la communauté internationale s'est dite prête à appuyer les élections en RDC. Elle demeure, toutefois, vigilante quant aux promesses faites par le ministre de la coopération internationale et régionale du Congo Kinshasa. Washington débloquera 11 millions de dollars pour la formation des cadres électoraux et le monitoring. En contrepartie, l'administration Obama souhaite que la responsabilité de la RDC soit pleine et entière en ce qui concerne la sécurisation du processus électoral. Le Royaume Uni estime que les élections à elle seules ne peuvent garantir la pacification et la relance économique, si les institutions congolaises ne s'y attèlent pas.

La même vigilance sera observée par la France. Pierre Sellal, Secrétaire général du Quai d'Orssay ne se fiera pas qu'aux bonnes promesses. Il a réitèré qu'un engagement clair de la part de la RDC sur la poursuite de la transition démocratique, revêt une grande importance…

Le Gabon et le Nigéria ont plaidé pour la souveraineté de la RDC. Le Gabon a rendu hommage aux efforts de pacification par les FARDC du territoire congolais et au jugement de plus de trente mille chefs militaires et hauts gradés de l'armée pour des crimes d'abus sexuels… Enfin le Nigéria a fait valoir que la RDC doit être seule maîtresse de ses projets de développement et de l'aide financière mise a sa disposition.

Mise en perspective de Maha Fayek.

Extraits sonores : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, Raymond Chibanda, ministre de la coopération internationale et régionale de la RDC; Pierre Sallel, Secrétaire général du ministère français des affaires étrangères.



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11/12/2017
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