Assemblée mondiale de la santé : les défis des traumatismes chez l'enfant

Docteur Etienne Krug avec des enfants au VietnamL'assemblée mondiale de la santé a adopté une résolution sur la prévention des traumatismes chez l'enfant. L'OMS note que les traumatismes non intentionnels sont la principale menace pour la survie des enfants après l'âge de cinq ans. Près de 830 000 enfants meurent chaque année du fait d'un traumatisme non intentionnel. Ce qui veut dire que, chaque jour dans le monde, les vies de plus de 2000 familles sont irrévocablement bouleversées par la perte cruelle d'un enfant victime d'un tel traumatisme.

Les accidents de la circulation sont la principale cause de mortalité chez les 10-19 ans. Les cinq principales causes de décès chez les enfants de tous âges sont par ordre d'importance décroissant : les accidents de la circulation, les noyades, les brûlures causées par le feu, les chutes et les intoxications.

Plus de 95 % des décès consécutifs à des traumatismes chez l'enfant surviennent dans des pays à revenu faible et intermédiaire. Les Régions africaine et de l'Asie du Sud-Est enregistrent les taux les plus élevés tandis que les pays à haut revenu des Régions européenne et du Pacifique occidental ont les taux les plus bas. Dans les pays à revenu élevé, la mortalité de l'enfant due aux traumatismes est beaucoup plus faible mais ils comptent tout de même pour environ 40 % de l'ensemble des décès d'enfants.

L'OMS souligne qu'il est possible de prévenir les traumatismes chez l'enfant. Entre autres interventions efficaces, on peut appliquer des limitations de vitesse, en particulier aux abords des écoles, dans les zones d'habitation et à proximité des aires de jeux. L'OMS préconise également d'adopter et d'appliquer des lois sur l'alcool au volant, sur le port de casque par les cyclistes et motocyclistes, et sur l'utilisation de ceintures de sécurité. Autre mesure annoncée, imposer l'usage de dispositifs de retenue pour les enfants ou de « sièges de sécurité pour enfants » ; supprimer ou couvrir les points d'eau dangereux et clôturer les piscines pour prévenir les noyades ; installer des alarmes incendie. L'OMS plaide en outre pour l'adoption d'une législation sur la température de l'eau chaude à la sortie des robinets, mais aussi faire traiter les enfants victimes de brûlures liées au feu dans des centres spécialisés dans les soins aux brûlés ; et conditionner les médicaments en quantités non létales.

(Interview : Dr Etienne Krug, Directeur du Département pour la prévention de la violence et du traumatisme et handicap, OMS ; propos recueillis par Alpha Diallo.)

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18/10/2017
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