Abyei aux mains des nordistes, l'ONU condamne

La MINUS en patrouille à Abyei, au Soudan.

La ville soudanaise d’Abyei est en proie aux incendies et aux pillages, menés par l’armée nordiste du Soudan. Des milliers de civils ont fui vers le sud après que les soldats et les tanks des Forces armées du Soudan ont capturé cette localité, en violation des accords de paix en vigueur.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le Conseil de sécurité ont condamné dimanche l’escalade de la violence dans la région d’Abyei. Le patron de l'ONU a déploré par ailleurs dimanche “les actions des personnes responsables du bombardement du complexe des Nations Unies avec des obus de mortier qui ont blessé deux casques bleus” et a appelé à poursuivre les auteurs de ce bombardement.

Abyei région frontalière entre le nord et le Sud Soudan, cristallise depuis des années le conflit qui oppose Khartoum à Juba. L’Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud prévoyait l’organisation à Abyei en janvier 2011 d’un référendum d’autodétermination, en même temps que celui sur l’autodétermination du Sud-Soudan. Faute d’accord sur la composition d’une commission électorale, le scrutin avait été reporté.

La dispute autour d’Abyei tient à deux raisons : la région traditionnellement occupée par les Ngok Dinka, tribus du sud, se trouve exactement sur des cours d’eau majeurs dont les gardiens de troupeaux du nord et du sud ont besoin pour faire paître leurs animaux. Cette région compte de nombreux gisements de pétrole, c’est là que se trouvent les principaux lieux d’extraction situés hors du Sud Soudan.

L’arrivée des troupes nordistes, le déploiement de chars sudistes le long de la rivière et les combats qui se sont ensuivis ont fait fuir des milliers de personnes ces derniers jours. Les appels du Conseil de sécurité, à cesser l’opération militaire et au retrait des troupes, sont restés lettre morte. A moins de deux mois de l’indépendance effective du Sud, le Nord-Soudan tente de prendre Abyei par la force. Entre temps la Mission des Nations Unies sur place (MINUS) s'efforce d'éviter le pire et multiplie les appels à la retenue.

(Mise en perspective de Maha Fayek)

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20/10/2017
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