Abyei : 15 mille personnes déplacées par les violences

Mission de l'ONU dans la ville soudanaise d'AbyeiPlus de 15.000 personnes ont fui les récents combats dans la région d’Abyei, pour se réfugier dans le sud Soudan, notamment dans la ville d’Agok. Selon l'ONU, Abyei occupée par les forces nordistes au Soudan était en proie aux flammes et aux pillages lundi.

Mais si Khartoum peut se vanter d’une victoire militaire, il doit désormais supporter une salve de condamnations de la communauté internationale. Depuis dimanche matin, les communiqués se succèdent et la dénonciation est unanime. Dernière réaction en date, celle de la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay qui a dénoncé les récents combats, tout en appelant à une solution négociée.

Navi Pillay condamne les récentes attaques et contre-attaques dans la région d’Abyei par les deux parties. Celles-ci ne constituent certainement pas, selon elle, le moyen de faire progresser la coexistence pacifique entre le Nord et le Sud-Soudan. La Haut Commissaire aux droits de l'homme se dit particulièrement préoccupée par les bombardements de zones civiles à Abyei de la part des Forces armées du Soudan, armée nordiste (SAF), ainsi que par les informations faisant état de bombardements aériens dans d’autres endroits tels que Todacch, Tajalei et à proximité du pont de la rivière Kiir.

Elle exhorte toutes les parties à chercher une solution négociée à la crise d’Abyei afin d’éviter un nouveau conflit.

« Les gouvernements du Nord et du Sud doivent enquêter sur toutes les violations des droits humains internationaux et du droit humanitaire et veiller à ce que les auteurs de violations soient traduits en justice », a réclamé la chef des droits de l’homme de l’ONU.

De son coté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) estime qu’à Agok, il y aurait environ 15.000 personnes déplacées dans et autour de la ville.

Lors d’un point de presse à Genève, la porte-parole de l'Ocha a également insisté sur le fait que ces chiffres allaient être très sûrement revus à la hausse.

« Ces personnes ont quitté Abyei. Elles fuient vers le sud », a précisé Elisabeth Byrs. Selon l'Ocha, les Forces armées soudanaises ont ainsi pris le contrôle de plusieurs villages de la région d’Abyei, dont Rumamer, Marial Achak et Mijak.

Une équipe regroupant plusieurs agences des Nations unies s’était rendue lundi à Agok afin de rejoindre Abyei pour y évaluer les besoins de la population.

« Malheureusement elle a dû rebrousser chemin pour des questions d’insécurité. Pour l’instant, nous n’avons aucune évaluation des besoins à Abyei », regrette Elisabeth Byrs.

La porte-parole de l'Ocha a également souligné que la même équipe allait tenter à nouveau de se rendre ce mardi à Abyei, afin d'évaluer les besoins des populations.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec des extraits sonores de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU et d'Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU)

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20/10/2017
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