Syrie : le Conseil des droits de l'homme vote contre la répression dans ce pays

A Genève, les membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ont voté ce vendredi 29 avril, une résolution demandant l'envoi urgent d'une mission en Syrie pour enquêter sur les violations des droits de l'homme. Résultats du vote : 26 voix pour, 9 contre et 7 abstentions. 5 pays notamment du Moyen Orient étaient absents au moment du vote. Cette seizième session spéciale a été convoquée à la demande des Etats-Unis sur les violences répressions consécutives aux manifestations en Syrie.

Le Conseil des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l’homme a ouvert, ce vendredi matin à Genève, une session extraordinaire consacrée à «la situation des droits humains en Syrie». Cette seizième une session spéciale a été convoquée à la demande des Etats-Unis qui souhaitent qu’une résolution soit adoptée. Une résolution qui condamne l’usage de la violence contre les manifestants en Syrie et demande l’envoi d’une mission d’enquête dans ce pays, où les contestataires appellent à une journée de colère.

La séance a été ouverte par la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme qui a déclaré que les informations reçues par le Haut Commissariat, depuis la mi-mars, témoignent d’une situation inquiétante en Syrie: tirs à balle réelle à l’encontre des protestataires; arrestation, détention et disparition des manifestants; torture et mauvais traitements des détenus; répression de la presse; et attaques à l’encontre du personnel médical. Selon Mme Kyung-Wha Kang, des rapports indiquent que des villes entières ont été assiégées, que l’électricité a été coupée et que les systèmes de transport ont été paralysés.

Certains font même état de snipers qui tireraient sur les personnes qui essaient de porter assistance aux blessés, a déploré la Chef adjointe des droits de l’homme. Les organisations de droits de l’homme internationales et syriennes ont dénombré plus de 450 morts et quatre fois plus de blessés.

Le représentant de la Syrie a fustigé les motivations qui sous-tendent la tenue de cette session, «des raisons prétendument humanitaires qui servent de façade nous ramenant au colonialisme». Le représentant a expliqué que la Syrie est composée de différents groupes ethniques et religieux, une richesse nationale que le pays chérit au plus au point. Toute tentative de léser ce tissu social sera l’objet d’un rejet radical, a averti le représentant, ajoutant que la Syrie ne deviendra jamais «une principauté salafiste».

Plusieurs délégations ont déclaré que le comportement des autorités syriennes est incompatible avec sa candidature au Conseil des droits de l’homme. C’est le cas de l’ambassadeur français auprès de l’ONU qui a « condamné fermement la poursuite de la répression en Syrie », appelant à la fin des violences jugées « inacceptables ». Selon Jean-Baptiste Mattéi, « il est essentiel que le Conseil adresse un message très ferme dénonçant avec vigueur les violations massives des droits de l’homme par les autorités syriennes ». Dans ces conditions, la France et la représentante américaine, l’ambassadrice Eileen Chamberlain Donahoe, ont vivement critiqué la candidature de la Syrie à l’un des sièges disponibles au sein du Conseil des droits de l’homme.
D’autres délégations ont regretté les tentatives de certains pays de créer, par la convocation de cette session extraordinaire, un précédent dans la promotion de leur doctrine pernicieuse d’interférence dans les affaires internes des États, sous couvert des préoccupations humanitaires.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Jean-Baptiste Mattéi, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève)


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17/10/2017
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