Sahara occidental et Soudan : le mandat des missions renouvelés

Fin de mois oblige, le Conseil de sécurité enchaîne l'adoption de résolutions relatives aux opérations de maintien de la paix. Le Conseil a ainsi décidé, à l'unanimité, par la résolution 1979 de renouveler le mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara occidental (MINURSO) jusqu'au 30 avril 2012. Le Conseil invite instamment les parties à poursuivre les négociations. Une résolution dont s'est notamment réjoui le Représentant permanent de la France, Gérard Araud.

Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité, Gérard Araud

Selon lui, cette résolution adresse trois messages importants. Elle rappelle, d’abord, le caractère prioritaire du processus politique. La France salue l’accélération des pourparlers officiels tenus sous les auspices de l’Envoyé personnel du Secrétaire Général et espérons que des négociations officielles pourront reprendre rapidement. De leur côté, les parties doivent faire preuve de réalisme et d’esprit de compromis, et s’abstenir de toute provocation. Le règlement de cette question est une nécessité pour la population du Sahara occidental, mais aussi pour la stabilité, la sécurité et l’intégration de la région du Maghreb. ”Rien ne doit nous faire dévier de cet objectif”, a déclaré Gérard Araud. A cet égard, le Maroc a présenté un plan d’autonomie sérieux et crédible qui constitue une bonne base de négociation, a-t-il poursuivi.

Pour le diplomate français, cette résolution adresse aussi un message de soutien clair aux réformes entreprises par le Maroc, notamment en matière de droits de l’homme. Le Roi du Maroc, lors du discours historique prononcé le 9 mars, a lancé un mouvement de réformes que ce Conseil a tenu à encourager. La France se réjouit que le Maroc ait non seulement décidé de mettre en place des mécanismes nationaux de droits de l’homme, mais aussi de s’ouvrir aux 33 procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme.
Le Conseil de sécurité a souhaité saluer et encourager ces nouvelles mesures marocaines substantielles, qui bénéficieront notamment à la population du Sahara Occidental.

Mais résolution rappelle aussi la situation de la population sahraouie des camps de Tindouf ne doit pas non plus être oubliée, a souligné le Représentant permament. La résolution souligne enfin les progrès considérables réalisés en matière de mesures de confiance, a-t-il conclu.
Auparavant, le Conseil de sécurité avait adopté, toujours à l’unanimité la résolution 1978, par laquelle les quinze ont prorogé le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) jusqu’au 9 juillet.

Dans son rapport, le Secrétaire général explique que le bon déroulement du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan a été un accomplissement historique. L’aide logistique et technique fournie par la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et l’appui financier apporté par les partenaires internationaux ont été indispensables, tout comme le travail de médiation politique de son Représentant et l’activité inlassable déployée par les membres du personnel de la Mission.

Dans ce rapport, le Secrétaire général souligne que plusieurs questions essentielles relevant de l’Accord de paix global n’ont pas encore été réglées, ou alors l’ont été de manière incomplète. Si elles ne sont
pas résolues efficacement, elles pourraient rapidement saper les progrès accomplis et ranimer le conflit entre les parties, prévient-il. Le Secrétaire général exhorte donc les dirigeants du Parti du Congrès national
et du Mouvement populaire de libération du Soudan à agir sans attendre pour résoudre toutes les questions en suspens.

Les parties à l’Accord de paix global ne peuvent plus retarder le règlement de la question du statut définitif de l’Abyei, souligne Ban Ki-moon. Le Secrétaire général assure que la MINUS entend faire tout ce
qui est en son pouvoir pour aider à maintenir la paix et à protéger les civils de la région, mais il exhorte les dirigeants des parties à l’Accord de paix global à parvenir d’urgence à un règlement global. Il les engage
aussi à contenir tout débordement dans l’intervalle en mettant en œuvre les Accords de Kadugli, qui prévoient le retrait, hors de la région de l’Abyei, de toutes les forces de sécurité, à l’exception des unités mixtes intégrées militaires et de police. La MINUS se tient prête à collaborer avec ces unités pour maintenir la paix, souligne Ban Ki-moon.

(Extrait sonore : Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

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20/10/2017
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