Libye: il faut continuer les efforts diplomatiques, selon l’Envoyé de l’ONU

Alors que les combats continuent en Libye entre les insurgés et les forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, l'Envoyé spécial de l'ONU pour ce pays, Abdul Ilah Khatib, a appelé lundi la communauté internationale à continuer ses efforts pour trouver une solution au conflit.

Abdel Ilah Al-Khatib

Abdel Ilah Al-Khatib

« Il est toujours très difficile de savoir combien de temps cela va prendre pour résoudre le conflit libyen. Cependant, la responsabilité de trouver une solution au conflit revient au peuple libyen lui-même », a estimé Khatib lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité sur la situation dans le pays.

« Il est clair que la communauté internationale doit continuer d’être unie et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir la recherche d’une solution, notamment en fournissant tout le soutien nécessaire à l’application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1973, qui autorise les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les populations civiles en Libye contre les attaques des forces loyales à Mouammar Qadhafi, dont l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne.

Le 26 février, le Conseil de sécurité avait adopté la résolution 1970 qui a décidé d’une saisine de la Cour pénale internationale et de sanctions contre les autorités libyennes, dont un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs.

« Malgré l’efficacité des efforts déployés par les membres de la coalition pour mettre en œuvre la zone d’exclusion aérienne, les combats continuent sur le terrain », a souligné M. Kathib en expliquant que le 31 mars la ville pétrolière de Ras Lanouf avait été reprise par les forces de Qadhafi et que les affrontements se concentraient maintenant sur la ville de Brega, plus à l’Est.

Les frappes aériennes de la coalition, qui ont débuté le 19 mars dernier, avaient permis dans un premier temps aux insurgés d’avancer vers Tripoli avant de reculer.

L’Envoyé spécial a rappelé que lors de la Conférence de Londres du 29 mars, un Groupe international de contact pour la Libye a été créé afin de fournir à la communauté internationale un point focal de coordination avec les différentes parties libyennes.

Il a appelé les forces loyales au Colonel Kadhafi à mettre un terme au siège des villes et villages et a insisté sur la nécessité de permettre l’accès aux villes de Misrata et Zintan pour y acheminer l’aide humanitaire d’urgence. Il également appelé à la libération des journalistes étrangers y compris les quatre membres de l’équipe de télévision d’Al Jazeera.

« En avril, je me suis rendu à Benghazi pour rencontrer Mustafa Abdul Jalil, le Président par intérim du Conseil national de transition et de nombreux membres du Conseil. Ils m’ont donné leur vision de la Libye démocratique. La priorité initiale est de restaurer la légitimité constitutionnelle au travers d’un référendum », a précisé l’Envoyé spécial.

Selon lui, les membres de l’opposition libyenne prônent « la prospérité économique et le développement l’utilisation de la science et la technologie pour renforcer la société et condamnent l’intolérance, l’extrémisme et la violence ».

A ce jour, plus de 400.000 personnes ont fui la Libye. Plus de 12.000 personnes sont toujours bloquées à la frontière avec la Tunisie et l’Egypte. Au 3 avril, l’appel humanitaire d’urgence de 113 millions de dollars était financé à 70%.

« Je me prépare à visiter d’autres villes en Libye si la situation le requiert et je prévois d’entreprendre plus de consultations avec les parties régionales et internationales », a-t-il conclu.

(Mise en perspective: Jérôme Longué)

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17/10/2017
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