Libye : face aux besoins, l’ONU révise à la hausse l’appel de fonds humanitaire

Alors que les combats continuent en Libye entre insurgés et les forces loyales au Colonel Mouammar Kadhafi, l'ONU et ses partenaires ont lancé mardi un appel de fonds humanitaire d'urgence révisé de 310,8 millions de dollars, soit près du double de l'appel précédent pour ce pays.

Photo : UNHCR

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« Le premier appel de 160 millions de dollars a reçu 113 millions de dollars, soit 70% de la somme requise », a expliqué une porte parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), Elysabeth Byrs, lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.

La porte-parole d’OCHA a justifié la révision à la hausse de l’appel de fonds par le fait que plus de 1,5 million de personnes ont été affectées par le conflit et que ces populations ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNCIEF) est parvenu à acheminer des kits de santé d’urgence pour 60.000 personnes à Benghazi, a indiqué une porte-parole de l’UNICEF, Marixie Mercado, en soulignant que l’agence avait reçu à ce jour 13 millions de dollars, soit 20% de la somme demandée lors du premier appel de fonds.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi dans un communiqué de presse que plus de 400.000 personnes avaient fui les violences en Libye le mois dernier. La Tunisie a reçu, à elle seule, plus de la moitié des personnes fuyant la Libye et a fourni un remarquable effort humanitaire.

A la fin février, des centres de transit ont été établis à sept kilomètres à l’intérieur de la Tunisie pour fournir un abri temporaire aux arrivants. Parallèlement, le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont commencé à aider les migrants à rentrer dans leurs pays d’origine, dans le cadre d’une vaste opération d’évacuation aérienne humanitaire.

Aujourd’hui, plus de 70.000 personnes sont rentrées en sécurité chez elles avec l’aide du HCR et de l’OIM. Davantage continuent toutefois à affluer en Tunisie. Environ 11.000 ressortissants de pays tiers sont toujours présents dans la zone de transit.

L’Ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie, s’est rendue mardi à la frontière entre la Tunisie et la Libye afin d’exhorter la communauté internationale à apporter un soutien accru aux personnes qui fuient la Libye.

« L’élan de générosité du peuple tunisien est un signe très positif pour l’avenir de ce pays », a indiqué l’actrice américaine. « C’est une bonne indication de l’ouverture qui déferle actuellement sur toute la région », a-t-elle ajouté.

Durant cette visite, une contribution importante a été versée par la Fondation Jolie Pitt pour continuer les évacuations humanitaires. La Fondation a pris en charge le coût d’un vol de retour vers leur pays d’origine pour 177 personnes et a acheté une ambulance afin d’appuyer l’assistance fournie à la frontière par la Tunisie aux blessés arrivés de Libye.

Les migrants représentent la majorité de ces nouveaux arrivants. Le HCR a dénombré environ 2.500 ressortissants de pays déchirés par le conflit qui ne peuvent pas rentrer chez eux et qui, de ce fait, ont besoin d’une protection internationale.

« Ils attendent ici n’ayant qu’un faible espoir, ne pouvant rentrer dans leur pays d’origine et ne sachant pas de quoi leur avenir est fait. Ce cycle constant de déplacement doit maintenant cesser », a expliqué Angelina Jolie.

Sans ce corridor humanitaire, des milliers d’Africains sub-sahariens et originaires de la Corne de l’Afrique fuient la Libye par la mer et embarquent à bord de bateaux en mauvais état et à la merci de passeurs. Ces dernières semaines, plusieurs embarcations ont accosté sur la petite île italienne de Lampedusa. Selon le HCR de nombreuses personnes auraient péri en mer durant la traversée périlleuse de la Méditerranée.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole de l’OCHA)


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20/10/2017
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