Journée de la santé : lutter davantage contre la résistance aux médicaments

A l'occasion Journée mondiale de la santé célébrée jeudi 7 avril, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé les gouvernements et le secteur privé à lutter contre la pharmaco-résistance c'est-à-dire la résistance des maladies aux médicaments.

Lutte contre la résistance aux antimicrobiens: agir aujourd'hui pour pouvoir soigner encore demain

Lutte contre la résistance aux antimicrobiens: agir aujourd'hui pour pouvoir soigner encore demain

« La découverte des antibiotiques a eu des répercussions profondes, mais l’apparition d’organismes pharmaco-résistants vient aujourd’hui remettre en question l’efficacité d’un certain nombre de ces précieux médicaments », déclare Ban Ki-moon dans un message à l’occasion de cette Journée.

« Phénomène naturel, la résistance aux antimicrobiens est cependant exacerbée par l’utilisation généralisée, abusive et irrationnelle de l’antibiothérapie et par la diffusion de bactéries résistantes dans les domaines de la santé et de l’agriculture. Les échanges commerciaux, les voyages et les flux migratoires accélèrent la propagation de ces organismes au sein des populations et à travers les frontières », a-t-il expliqué.

La découverte des antibiotiques et autres médicaments antimicrobiens est considérée comme l’une des plus grandes avancées de la médecine humaine. L’avènement de ces médicaments dans les années 1940 a permis de faire reculer le fléau des maladies infectieuses, qui faisait périr alors des dizaines de millions de personnes chaque année.

« Certains des médicaments utilisés pour soigner nos parents ou nos grands-parents sont désormais inefficaces. La pharmaco-résistance a un coût énorme en termes de santé publique et un nombre croissant de personnes meurt aujourd’hui inutilement, au risque d’anéantir la plupart des progrès que nous avons accomplis dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement relatifs à la santé », souligne le Chef de l’ONU.

« La résistance aux médicaments pourrait également remettre en cause l’efficacité d’autres médicaments et techniques modernes employés pour lutter contre certaines maladies non transmissibles. Fait peut-être plus inquiétant encore, les perspectives de découverte de nouveaux médicaments antimicrobiens en remplacement des antibiotiques devenus inefficaces sont très réduites », ajoute-t-il.

Cette année, pour célébrer la Journée mondiale de la santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a retenu le thème suivant : « Lutter contre la résistance aux antimicrobiens : agir aujourd’hui, pour pouvoir continuer à soigner demain ».

« Le message en cette Journée mondiale de la santé est fort et clair. Le monde est sur le point de perdre ces médicaments miracles », a déclaré jeudi la Directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, dans un communiqué.
« Si l’on ne prend pas d’urgence des mesures correctrices et protectrices, nous irons vers une ère post-antibiotiques, au cours de laquelle de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer », a-t-elle ajouté.

Pour lutter contre ce fléau, l’OMS recommande l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan national complet doté d’un financement; le renforcement de la surveillance et les moyens de laboratoire; l’accès ininterrompu aux médicaments essentiels de qualité vérifiée; la réglementation et la promotion de l’usage rationnel des médicaments; le renforcement de la prévention des infections et la lutte contre celles-ci; le renforcement de l’innovation et la recherche ainsi que la mise au point de nouveaux outils.

En 2010, au moins 440.000 nouveaux cas de tuberculose multirésistante ont été décelés et des cas de tuberculose ultrarésistante ont été signalés dans 69 pays à ce jour. Le parasite responsable du paludisme acquiert une résistance même à la dernière génération de médicaments, et des souches de gonocoques et de Shigella résistantes limitent les options thérapeutiques.

Des infections graves contractées à l’hôpital peuvent devenir mortelles en raison de la difficulté à les traiter et des souches pharmaco-résistantes de germes pathogènes se propagent d’une région géographique à une autre dans notre monde interconnecté et globalisé. Une résistance aux médicaments antirétroviraux utilisés pour traiter les personnes vivant avec le VIH apparaît également.

« En cette Journée mondiale de la santé, l’OMS publie un ensemble de mesures qui devraient mettre rapidement chacun, en particulier les gouvernements et leurs systèmes de réglementation pharmaceutique sur la bonne voie, en les dotant de mesures adaptées. Les tendances sont claires et inquiétantes », a souligné Margaret Chan.

« Ne pas agir aujourd’hui, c’est ne plus pouvoir se soigner demain. Au moment où le monde est frappé par de multiples catastrophes, nous ne pouvons permettre que la perte de médicaments essentiels – indispensables pour guérir des millions de personnes – soit à l’origine de la prochaine crise mondiale », a-t-elle conclu.

: En cette Journée mondiale de la santé, l’OMS bat le rappel face à l’augmentation de la résistance aux antibiotiques, un mal qui s’expliquerait notamment par leur surconsommation. Le problème, selon l’Organisation mondiale de la santé, est que si rien n’est fait rapidement, de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer. Ainsi, en 2010, près d’un demi-million de personnes ont contracté des formes de tuberculose multirésistante et un tiers en sont mortes. Les explications du

(Interview : Docteur Mario Raviglione, Directeur à l’OMS du Département Halte à la tuberculose)


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13/12/2017
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