Côte d'Ivoire : l’OCHA plaide pour un corridor humanitaire à Abidjan

Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires de l'ONU plaide pour l'instauration d'un corridor humanitaire et quelques heures de cessez-le-feu humanitaire à Abidjan où la « situation reste très tendue ». Cela permettrait, selon les humanitaires, de venir en aide aux milliers de personnes vulnérables qui sont terrées chez elles, sans assistance humanitaire et sans protection.

Des casques bleus sécurisent un camp de déplacésà Duékoué. (Photo :UNOCI)

Des casques bleus sécurisent un camp de déplacésà Duékoué. (Photo :UNOCI)

En effet, la grave détérioration de la situation sécuritaire de ces derniers jours, empêche ainsi les populations de se mettre à l’abri, entraînant la suspension de l’assistance en cours auprès de plus de 90000 personnes déjà déplacées, et rendant pour l’heure presque impossible toute assistance aux nouvelles victimes.

Selon le Chef par intérim du bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU en Côte d’Ivoire, « la situation humanitaire reste très tendue avec notamment des tirs sporadiques dans certains quartiers d’Abidjan et des tirs à l’arme lourde autour de la présidence ivoirienne ».
Carlos Abbas Geha évoque aussi l’urgence d’assister les hôpitaux qui ont du mal à fonctionner, mais aussi la nécessité d’approvisionner en nourriture et en eau toute la population. « Les besoins les plus urgents restent la santé, la nourriture et bien sûr la protection de la population civile », fait remarquer Carlos Abbas Geha.

Les agences humanitaires des Nations Unies et les organisations non gouvernementales nationales et internationales exhortent ainsi les parties en présence à tout faire pour éviter de nouvelles violences, garantir le respect du droit international, assurer la sécurité des populations, et permettre aux acteurs humanitaires d’accéder aux populations en détresse.

A Duékoué et dans plusieurs villes de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les déplacés ont fui soit dans les forêts avoisinantes, soit se sont réfugiés sur des sites ou dans des familles d’accueil, elles-mêmes déjà fragilisées par la situation. Plus de 30 000 personnes vivent sur deux sites d’accueil à Duékoué, tandis que de nombreux corps sans vie jonchent les rues de la ville, augmentant les risques d’épidémie. « Mais à ce stade, les Nations Unies poursuivent les enquêtes pour donner le chiffre exact du nombre de victimes dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire », souligne le Chef par intérim du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU en Côte d’Ivoire.

Concernant le sort des 250 enfants qui s’étaient réfugiés dans des forêts de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Carlos Abbas Geha note que les soldats de la mission de paix qui continuent leurs opérations sur le terrain ont déjà secouru 800 personnes à la date du lundi 4 avril. S’agissant des 10 000 personnes qui ont fui la localité de Péhé et ses environs, des investigations sont en cours pour permettre une évaluation approfondie de la situation et des besoins.

(Interview : Carlos Abbas Geha, Chef par intérim du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en Côte d’Ivoire; propos recueillis par Alpha Diallo)


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15/12/2017
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