Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo aux mains des forces pro-Ouattara

Quatre mois après le début de la crise post-électorale, le président sortant de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo a été arrêté lundi à Abidjan, à sa résidence par les forces pro-Ouattara, appuyées par les forces impartiales, Licorne et ONUCI.

Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo

Tout a commencé le 28 novembre 2010, date du second tour de la présidentielle attendue de longue date par les Ivoiriens, parce que censée clore le chapitre d’une crise politico-militaire qui durait depuis près d’une décennie. Ces derniers déchanteront très vite lorsqu’après l’annonce le 2 décembre 2010 par la Commission électorale indépendante de la victoire d’Alassane Ouattara avec 54,1%, le Conseil constitutionnel viendra à son tour invalider ces résultats, annulant au passage les votes dans plusieurs régions du nord et proclamant par la suite Laurent Gbagbo vainqueur de ces consultations avec 54,45%.

Très vite, la communauté internationale dans sa quasi-totalité ainsi que l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) se rangent à l’avis de la CEI et ne tarderont pas à reconnaitre Alassane Ouattara, comme le président élu de la République de Côte d’Ivoire.

Dans la sous-région, les présidents de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunis en une session spéciale à Abuja, au Nigeria, décident de suspendre la Côte d’Ivoire de l’organisation tout en demandant à Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival. Devant le refus de l’ancien président ivoirien, un régime de sanctions économiques notamment de l’Union européenne est imposé contre le pays.

Pendant ce temps, l’on assiste à un effondrement sans précédent du secteur de l’économie, du fait de la rupture de la Banque centrale des états d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) avec Abidjan. Résultat, le système bancaire est déréglé et la majorité des banques sont emmenées à fermer.

Sur le plan humanitaire, la situation est chaotique, les populations abidjanaises, des centaines de milliers à en croire l’ONU, sont obligées de fuir leurs maisons, pour éviter les combats qui font rage entre forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara dans presque toutes les communes de la capitale économique.

C’est dans ce contexte que les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), favorables à Alassane Ouattara, lancent le 31 mars 2011, une offensive pour déloger Laurent Gbagbo. Au terme d’une dizaine de jours d’intenses combats qui voient l’entrée en scène des forces impartiales, Licorne et ONUCI qui entretemps ont bombardé de nombreuses positions des forces de Laurent Gbagbo y compris sa résidence, les FRCI finissent par mettre la main sur ce dernier.

Une page est donc tournée en Côte d’Ivoire et une nouvelle ère commence dans un pays où le retour à une paix durable et la réconciliation nationale vont sans doute constituer des défis à ne point négliger

(Mise en perspective : Martial Assème)

LE DERNIER JOURNAL
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15/12/2017
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