Côte d’Ivoire : l’appel humanitaire de l’ONU révisé à la hausse

La reddition de l'ancien Président Laurent Gbagbo aux forces loyales au Président Alassane Ouattara n'a pas changé la situation humanitaire en Côte d'Ivoire qui reste précaire, a prévenu mardi le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Elisabeth Byrs, porte-parole de l'OCHA a indiqué au cours d'une conférence de presse tenue mardi à Genève que l'appel humanitaire multi-pays (Côte d'Ivoire, Mali, Ghana, Burkina Faso et Guinée) a été révisé à la hausse et atteint désormais 160 millions de dollars, soit 32,7 millions de dollars de plus que le précédent.

 Réfugiés en Côte d'Ivoire

Réfugiés en Côte d'Ivoire

« L’appel révisé est financé à hauteur de 15%, mais sera révisé sur la base d’évaluations plus précises et selon les besoins qui émergent », a-t-elle précisé.
Une équipe des Nations Unies pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe a été déployée pour améliorer l’efficacité de la réponse humanitaire, a-t-elle ajouté. Divisée en deux équipes, les experts seront probablement basés à Man et à Bouaké.
Les humanitaires s’activent sur le terrain. Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit de mettre en place, dans les prochains jours, un pont aérien visant à fournir une assistance alimentaire aux dizaines de milliers de personnes déplacées en Côte d’Ivoire, ainsi qu’aux milliers d’Ivoiriens réfugiés au Libéria voisin.
« Nous devons proposer une bouée de sauvetage humanitaire aux nombreux Ivoiriens victimes de pénuries alimentaires, d’un manque d’eau et d’autres vivres essentiels », a déclaré pour sa part la Directrice exécutive du PAM, Josette Sheeran dans un communiqué. Le PAM est en train d’acheminer, par avion, de la nourriture et des vivres depuis le Niger et le Burkina Faso vers Man, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, et Monrovia, la capitale libérienne. L’objectif est de transporter cette semaine au moins 15.000 tonnes de céréales, de l’huile végétale et d’autres denrées alimentaires. « La dégradation des conditions de sécurité et les difficultés liées aux déplacements et aux achats de nourriture en Côte d’Ivoire s’ajoutent aux des conditions logistiques déjà difficiles. Pour l’instant, un pont aérien reste la meilleure option », a ajouté Josette Sheeran. D’autres avions transportant des biscuits à haute teneur énergétique- destinés à prévenir la faim lors des premiers jours d’une crise alimentaire- et des équipements logistiques ont été organisés depuis Dubaï et Accra.
Le PAM prévoit d’organiser des vols pour du personnel humanitaire vers les villes du nord de la Côte d’Ivoire, comme Bouaké, où certaines agences humanitaires ont déjà transféré leurs opérations. En tant que chef du module logistique, le PAM gère le service aérien humanitaire des Nations Unies pour le compte de l’ensemble de la communauté humanitaire. L’agence évalue la possibilité d’utiliser un navire pour transporter plus de nourriture entre les pays de la région. Malgré la situation sécuritaire difficile et l’absence de couloirs humanitaires sécurisés, le PAM a pu transporter et distribuer 85 tonnes de nourriture à 27.500 déplacés à Duékoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Des distributions alimentaires sont programmées cette semaine pour atteindre 30.000 personnes déplacées dans la région de Danané. Dans les régions au nord y compris Bouaké, Bouna, Tiébissou et Korhogo, le PAM distribue des rations mensuelles de vivres à 20.000 déplacés, en s’appuyant sur les stocks alimentaires des programmes existants. Le PAM a temporairement suspendu les distributions alimentaires à Abidjan et transféré son personnel. L’agence estime que ses opérations recommenceront dès que la situation sécuritaire permettra de se déplacer librement dans la ville. Au Libéria, où plus de 150.000 Ivoiriens se sont réfugiés depuis décembre 2010, le PAM est en train de mettre en place une opération logistique malgré le mauvais état des routes et des ponts dans une zone reculée et inaccessible du pays. L’agence onusienne a déjà distribué plus de 25.000 tonnes de nourriture aux réfugiés ivoiriens et aux 36.000 familles d’accueil libériennes.
De son côté, l’UNICEF a relancé les activités de vaccinations d’urgence afin de prévenir l’émergence d’épidémies. Les risques d’épidémie de choléra et de rougeole sont élevés dans le pays. L’agence est en train de mobiliser ses efforts pour fournir de l’eau potable et a lancé des campagnes de sensibilisation auprès des populations sur les gestes de base d’hygiène et les moyens de traitements de l’eau.
(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole de l’OCHA)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...