Côte d'Ivoire: instaurer l'état de droit au plus vite

L'instauration de l'état de droit et la sécurité doivent désormais être la priorité en Côte d'Ivoire. C'est la conviction de l'International Crisis Group (ICG).

International Crisis Group

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Selon le Directeur du bureau Afrique de l’Ouest de l’ICG, l’arrestation de Laurent Gbagbo est un développement majeur puisqu’il y a désormais un seul président, le président élu, Alassane Ouattara Autre fait marquant qui pousse à l’optimisme, les vœux d’allégeance de plusieurs hauts gradés de l’armée.

Mais en attendant, l’ICG plaide pour la réconciliation mais aussi la justice. Selon Gilles Yabi, il faut d’abord un processus de vérité et réconciliation de manière à donner la parole et avoir cet exercice de thérapie collective. Mais il faudra ensuite un processus judiciaire de manière à donner un signal fort de la fin de l’impunité. À cet égard, Gilles Yabi avertit qu’il ne faut pas que ça soit une justice de vainqueur et que tous les auteurs de violations de droits humains doivent être traduits devant la justice.

Concernant la fracture entre les camps de l’ancien président et du nouveau Chef d’Etat ivoirien, Gilles Yabi pense qu’il n’y a pas un risque de coupure du pays en deux.

Concernant les risques d’une éventuelle action armée, l’ICG est d’avis que s’il y a un risque, ça ne serait pas nécessairement conduit par les miliciens et les patriotes. « La réalité est qu’il y a une circulation d’armes très importantes et cela va avoir une implication durable sur la sécurité de la Côte d’Ivoire, mais aussi de la sous région », note Gilles Yabi. Pour l’ICG, le risque de rébellion armée pourrait être beaucoup plus fort dans la partie ouest de la côte d’Ivoire, notamment à la frontière du Libéria. « Il y a effectivement une possibilité que des miliciens armés décident de prendre les armes », avertit Gilles Yabi. Dans ces conditions, l’une des priorités serait d’avoir un véritable plan de sécurisation de l’Ouest ivoirien. « Cela passe par la lumière sur les atrocités commises ces dernières semaines et s’assurer de ne pas avoir des espaces de non droit dans lesquels pourraient se réfugier des miliciens et des combattants qui tenteront de contrôler une partie du territoire et donc une nouvelle rébellion », souligne-t-il.

L’ICG est d’avis que cette fracture entre les deux camps doit être prise en compte. D’où la réconciliation nationale », ajoute Directeur du bureau Afrique de l’Ouest de l’ICG. Et dans ce processus, Gilles Yabi conseille à Alassane Ouattara de ramener à lui quelques personnalités modérées du camp Gbagbo, pas nécessairement des personnalités de premier plan de ces derniers mois.

L’ICG pense qu’il est important d’avoir une discussion ouverte sur ce gouvernement de réconciliation nationale, mais l’élément de réconciliation nationale ne doit pas se situer au niveau du Gouvernement. « Il doit se situer dans les messages qui seront adressés aux Ivoiriens, se situer au niveau de l’initiative d’une Commission vérité et réconciliation et éviter toute humiliation de Laurent Gbagbo », conclut Gilles Yabi.

(Interview : Gilles Yabi, Directeur du bureau Afrique de l’Ouest à International Crisis Group; propos recueillis par Alpha Diallo)


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20/10/2017
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