Conseil de sécurité : la Syrie et le Sri Lanka au cœur des préoccupations

L'ONU aura-t-elle le pouvoir de commanditer une enquête internationale sur le Sri Lanka? À cette question de journaliste lors d'un point de presse, Ban Ki-moon ne prend aucun engagement : La réponse est « oui », laisse-t-il entendre; « oui si l'ONU est mandatée par l'Assemblée générale, le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ou encore le Conseil de sécurité en vue d'enquêter sur les civils tués à la fin de la guerre civile au Sri Lanka en 2009.

Ban Ki-moon

Ban Ki-moon

Un oui qui fait suite d’ailleurs aux recommandations d’un rapport récemment publié. Rapport dans lequel un panel d’enquêteurs nommé par Ban ki-moon annonce avoir recueilli des preuves que le gouvernement de Colombo et les Tigres de libération de l’Eelam Tamoul avaient commis des crimes de guerre durant les derniers mois du conflit qui s’est achevé en mai 2009.

Des accusations constamment niées par le gouvernement de Colombo. Mais les experts continuent eux d’exhorter Ban Ki- moon à mettre au point “un mécanisme international d’enquête”.

Le patron de l’ONU participait plus tôt à un débat à huis clos au Conseil de sécurité sur la Syrie. En témoignent les humeurs de Bashar Jaafari et Susan Rice respectivement ambassadeurs syrien et américain à l’ONU. Le premier vante la création par Bashar Al Assad d’une Commission d’enquête sur les évènements des derniers jours. Il n’aura de cesse de répéter que le plus grand nombre de pertes en vies humaines se trouve dans les rangs des forces de sécurité; que des groupes armés sponsorisés par l’étranger se sont infiltrés parmi les manifestants pacifistes. Devant la presse et les médias internationaux, Jaafari prévient que le Conseil de sécurité n’a nul intérêt à se faire une opinion sur ce qui se passe dans son pays, à partir de rapport concoctés par les médias. Ce dernier devra seulement se baser, selon lui, sur les informations officielles rendues disponibles par les autorités.

Susan Rice, Représentante permanente des États-Unis aux Nations Unies ne rate pas le débat. Elle en est même l’une des principaux protagonistes et ne rate pas -non plus- l’occasion de faire valoir la position de son pays, traditionnellement hostile au régime syrien qu’il juge de connivence avec celui des mollahs. Ainsi à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie, elle lâche ceci avant de s’éclipser : « les autorités syriennes auraient bénéficié d’un appui iranien de taille dans leur répression contre les manifestants ».

(Mise en perspective de Maha Fayek)
LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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