Conseil de sécurité : la présidence française placée sous le signe du Moyen-Orient et de l'Afrique

La France présidera le Conseil de sécurité au mois de mai. Son Représentant permanent auprès des Nations Unies, a donc tenu à rencontrer les correspondants de la presse internationale à New York, pour indiquer les priorités que le gouvernement français a arrêtées pour cette présidence.

Gérard ARAUD

Gérard ARAUD

Actualité oblige, la situation au Moyen-Orient et en Afrique seront au centre des préoccupations et actions du Conseil de sécurité au mois de mai.

Lors d’une interview exclusive avec la Radio des Nations Unies, l’Ambassadeur Gérard Araud a précisé que le Conseil de sécurité continuera de suivre les crises dans plusieurs pays du monde arabes, notamment en Libye, mais aussi en Syrie. Selon lui, l’évolution de la situation sur le terrain, en Syrie, dictera une éventuelle réaction ou un changement de cap du Conseil de sécurité. Pour le diplomate français, on ne peut raisonnablement comparer les situations en Libye et en Syrie, tant le contexte et les données sont différents, notamment en ce qui concerne le soutien apporté par la Ligue des Etats arabes et l’Union africaine.

De même la situation dans plusieurs pays du continent africain fera l’objet de la plus grande attention. Une mission composée de diplomates représentant la quasi-totalité des membres du Conseil se rendra sur le terrain, notamment à Nairobi, pour soutenir le processus de retour à la normale en Somalie, à travers le transfert des activités des agences de l’ONU de Nairobi à Mogadiscio. La Mission se rendra aussi au Soudan, à la veille de la proclamation de l’indépendance du Sud-Soudan qui doit intervenir le 9 juillet, avant de se rendre à Addis-Abeba pour dialoguer avec l’Union africaine.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité tiendra à New York un débat politique avec les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) afin de préparer la transition. L’ONU n’a pas vocation à rester éternellement dans le pays, souligne Gérard Araud. Aussi importe-t-il de lancer dès à présent, la réflexion avec les principaux intéressés, les Congolais, afin de voir avec eux les modalités que peut prendre une telle transition.

Enfin, s’agissant de la Côte d’Ivoire, le diplomate français estime qu’aujourd’hui un sentiment de soulagement domine, celui d’avoir évité une guerre civile sur l’ensemble du territoire, mais aussi de voir les affrontements à Abidjan se terminer. Pour autant, il faut que le Président Ouattara puisse rétablir l’autorité de l’Etat. Malgré quelques incidents, la vie reprend à Abidjan. En fait, cela montre que les Ivoiriens sont fatigués et veulent retourner à une vie normale. Les Nations Unies doivent accompagner cette transition. Et d’ici quelques mois se posera là aussi la question de la présence, du renouvellement du mandat et du rôle de l’ONU dans le pays.

(Interview : Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...