Yémen: l’ONU met en garde les autorités contre la répression

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a mis en garde mardi les autorités yéménites contre toute "répression violente des manifestations", estimant que le peuple avait le droit d'exprimer sa "récrimination".

Yemeni protests outside UN

Manifestants yéménites à New York

Navi Pillay a appelé, dans un communiqué, le gouvernement à protéger “le droit des manifestants et des journalistes dans le respect des lois internationales”.

“Le population a le droit légitime d’exprimer ses récriminations et ses demandes auprès de son gouvernement”, a ajouté la responsable des droits de l’homme de l’ONU.

“Nous avons vu encore et encore ces dernières semaines que des réponses violentes, en violation du droit international, ne font pas disparaître les manifestants et servent seulement à exacerber leur frustration et leur colère” a-t-elle ajouté.

Une manifestation massive avait lieu mardi dans le centre de Sanaa, la capitale, à l’appel de l’opposition, pour réclamer le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh qui a accusé Israël et les Etats-Unis “d’orchestrer” la révolte arabe.

Navi Pillay a également évoqué des informations faisant état d’attaques, d’intimidations et de harcèlement contre la presse locale et internationale couvrant les manifestations au Yémen, de même que d’arrestations et de détentions de journalistes et de militants des droits de l’homme.

Elle s’est déclarée particulièrement préoccupée par des informations sur des disparitions de militants politiques et a appelé à des éclaircissements sur le sort de personnes tranférées récemment de Sanaa à Aden.

“Les autorités doivent relâcher tous les individus arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement et les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes doivent être protégés lorsqu’ils accomplissent leur important travail” a-elle relevé.

“Ceux qui sont responsables de la sécurité publique doivent comprendre que leurs actions sont gouvernées par le droit international et qu’ils peuvent être tenus responsables personnellement s’ils s’en écartent”, a mis en garde Navi Pillay.

“A travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, les peuples ont pris à partie leurs gouvernements. La seule manière d’avancer est de les écouter et de leur garantir leurs droits légitimes à participer dans les décisions qui affectent profondément leurs vies” a-t-elle conclu.

Mise en perspective de Maha Fayek

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23/10/2017
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