UNESCO : épargner le patrimoine culturel en Libye

La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a demandé mercredi à la Libye et à la coalition d'Etats mettant en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays de respecter la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (La Haye, 1954) et ses deux protocoles (1954 et 1999) et de faire en sorte que les sites culturels ne soient pas visés par les opérations militaires.

Unesco

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Sur les dix Etats composant la coalition impliquée dans la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies (Belgique, Canada, Danemark, Emirats arabes unis, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Qatar et Royaume-Uni), huit sont parties à la Convention (Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis d’Amérique, France, Italie, Qatar).

« Du point de vue du patrimoine culturel, [la Libye] est importante pour l’humanité tout entière », a déclaré la Directrice générale dans une lettre adressée aux représentants permanents auprès de l’UNESCO de tous les pays concernés. « Plusieurs sites majeurs témoignent des grandes réalisations techniques et artistiques des ancêtres du peuple [de Libye] et constituent un legs précieux ».

Dans son article 4, la Convention stipule notamment que « les Hautes Parties contractantes s’engagent à respecter les biens culturels situés tant sur leur propre territoire que sur celui des autres Hautes Parties contractantes en s’interdisant l’utilisation de ces biens, celle de leurs dispositifs de protection et celle de leurs abords immédiats à des fins qui pourraient exposer ces biens à une destruction ou à une détérioration en cas de conflit armé, et en s’abstenant de tout acte d’hostilité à leur égard ».

La Directrice générale a attiré l’attention des Etats engagés en Libye sur le fait que l’UNESCO, conformément à l’article 23 de la Convention, se tient prête à jouer son rôle en matière de protection des biens culturels.

La Libye compte cinq sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO :
L’ancienne ville de Ghadamès. Connue sous le nom de « perle du désert », elle se trouve dans une oasis. C’est un exemple extraordinaire d’habitat traditionnel, et l’une des plus anciennes villes de la région présaharienne.

Les sites rupestres de Tadrart Acacus : À la frontière du Tassili n’Ajjer algérien, également site du patrimoine mondial, ce massif rocheux est riche de milliers de peintures rupestres de styles très différents datées de 12.000 ans environ av. J.-C. à 100 après J.-C. Ces peintures reflètent les modifications profondes de la faune et de la flore, ainsi que les divers modes de vie des populations qui se sont succédé dans cette partie du Sahara.

Le site archéologique de Cyrène : Devenue province romaine en 74 av. J.-C., la Cyrénaïque partagea le sort de l’Empire et ne cessa jamais, à ce titre, de jouer un rôle important au sein du monde méditerranéen : donnée par Antoine à Cléopâtre, elle fut rattachée à la Crète par Auguste, qui imposa la date de la bataille d’Actium (31 av. J.-C.) comme le début d’une nouvelle ère, puis séparée de celle-ci par Dioclétien par une réforme de 305 apr. J.-C. qui la rattacha à l’Égypte.

Site archéologique de Leptis Magna : Fondée au cours du premier millénaire avant J.-C., Leptis Magna représente une réalisation artistique unique dans le domaine de l’urbanisme.
Site archéologique de Sabratha : Comptoir phénicien drainant les produits de l’Afrique intérieure, Sabratha fit partie de l’éphémère royaume numide de Massinissa avant d’être romanisée et reconstruite aux IIe et IIIe siècles.

(Mise en perspective : Martial Assème)

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20/10/2017
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