RDC : le Ministre de la justice fustige l’impunité

Le Conseil des droits de l'homme poursuit son débat de haut niveau et la Libye reste toujours au centre des débats.

Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi Lessa, Ministre de la justice et des droits humains de la RDC

Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi Lessa, Ministre de la justice et des droits humains de la RDC

Mais du côté de la de la République démocratique du Congo (RDC), les préoccupations sont ailleurs. Le Ministre de la justice et des droits humains a averti que son pays n’entendait pas accepter le mécanisme de l’expert indépendant. Luzolo Bambi Lessa justifie ce refus par l’évolution de la situation sur le terrain. La situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo «a objectivement connu une évolution de sorte que le Conseil des droits de l’homme ne doit plus en rester constamment saisi; la RDC voudrait amplement sortir du point 10 de l’ordre du jour du Conseil», a expliqué Emmanuel-Janvier Luzolo.

Le Ministre de la justice et des droits humains de la RDC, a regretté «la façon pour certains d’appréhender les questions de justice et de droits de l’homme» dans son pays en dépit des efforts fournis. Il a rappelé qu’à la suite d’une «guerre imposée de l’extérieur», celui-ci avait été victime d’atrocités inédites dans le monde et a souligné que son gouvernement avait, à plusieurs reprises, manifesté «sa volonté et son engagement fermes et non équivoques de lutter contre l’impunité de ces crimes odieux», faisant valoir la coopération développée avec la Cour pénale internationale, qui est à ce jour «un modèle unique de coopération avec la justice internationale».

Le Ministre a assuré que les juridictions internes congolaises, militaires ou de droit commun, déployaient aujourd’hui un travail de titan dans la répression des violations des droits de l’homme. «Nous ne communiquons peut-être pas assez, nous ne communiquons peut-être pas comme il faut sur ces questions mais beaucoup de choses se font», a assuré le Ministre.
Considéré comme le meilleur élève à la Cour pénale internationale, le Ministre a relevé qu’il est contradictoire que le pays, qui a remis à la CPI ses propres ressortissants, soit considéré comme mauvais élève à Genève.

Évoquant la question des violences sexuelles, le Ministre congolais a affirmé que nul n’ignorait la responsabilité internationale dans l’accentuation de ce phénomène dans son pays. Emmanuel-Janvier Luzolo a déploré que les auteurs des viols commis par la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), au nombre de 200, n’aient eu pour toute sanction, que le rapatriement de certains d’entre eux vers leur pays d’origine: «La RDC ne mérite pas ce traitement à double vitesse».

(Extrait sonore : Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi Lessa, Ministre de la justice et des droits humains de la République démocratique du Congo)

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15/12/2017
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