Libye : l’Envoyé spécial de l’ONU entame sa mission

Ban Ki-moon a présenté son nouvel Envoyé spécial pour la Libye, l'ancien ministre des affaires étrangères de la Jordanie, Abdul Ilah Khatib, qui se rendra en Libye en début de semaine prochaine.

Abdel Ilah Al-Khatib

Abdel Ilah Al-Khatib

L’Envoyé spécial de Ban Ki-moon qui partira de New York ce week-end, rejoint par une équipe composée de hauts responsables humanitaires, ainsi que de représentants du Département des affaires politiques de l’ONU et du Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme », a expliqué qu’il est impatient de débuter les contacts avec les partenaires régionaux en vue de coordonner les efforts internationaux pour aider le peuple libyen.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 230.000 personnes ont fui les violences en Libye jusqu’à présent, dont 118.000 vers la Tunisie, 107.000 vers l’Egypte, 2.000 vers le Niger et 4.300 vers l’Algérie.
Selon l’agence onusienne, les arrivées à la frontière tunisienne se poursuivent, au rythme d’environ 2.500 personnes par jour, alors que les évacuations par avion à partir des aéroports tunisiens ne concernent en moyenne que 800 à 1.200 personnes par jour.
Dans ce contexte, le HCR et son partenaire, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont renouvelé leur appel à la mise en place de vols long courrier vers les pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne.
« Nos capacité sont saturées par les nouvelles arrivées, en particulier pour les ressortissants d’Asie. Nous dépensons quotidiennement 3 millions de dollars pour ces vols d’évacuation et sur l’appel de fonds de 49,2 millions de dollars, nous n’avons reçu que 27 millions de dollars. Sans arrivée rapide de fonds, nous devrons suspendre nos opérations », a mis en garde de son côté le porte-parole de l’OIM, Jean Philippe Chauzy, présent aussi à la conférence de presse à Genève.

Selon le HCR, de nombreux ressortissants d’Afrique subsaharienne sont également bloqués à Tripoli, effrayés à l’idée de s’engager dans un dangereux voyage pour quitter le pays et même de quitter leur maison pour trouver de la nourriture qui commence à manquer.

Pour venir en aide à près d’un million de personnes, le PAM a lancé des opérations dont le coût total avoisine les 39 millions de dollars. Jusqu’à présent toutefois, l’assistance alimentaire se concentre surtout hors de la Libye, en Tunisie et en Egypte, où près de 400.000 personnes sont aidées, ressortissants égyptiens ou réfugiés libyens ayant fui le pays. « Les opérations prendront en charge 600.000 Libyens à l’intérieur du pays, dès que nous aurons accès à eux », a-t-elle ajouté.

Enfin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué qu’aucune épidémie n’avait jusqu’à présent été observée dans les camps de réfugiés et de déplacés en Tunisie, où un système de surveillance a été mis en place, en coopération avec les autorités tunisiennes. « Nous avons envoyé 5 kits de santé à l’hôpital de Djerba, en Tunisie, pour prendre en charge 5.000 blessés pendant 3 mois. Dès que l’accès sera ouvert, ce matériel sera envoyé en Libye », a indiqué la porte-parole de l’agence Fadela Chaib, avant d’ajouter que 4.000 vaccins anti-tétanos avaient aussi été envoyés à Benghazi.

(Extrait sonore : Abdul Ilah Khatib, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye ; mise en perspective : Martial Assème)

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17/10/2017
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