Japon : prévisions de l'OMM sur la menace de radioactivité

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que les vents éloignent vers le large la menace de radioactivité sur le Japon et d'autres pays. Se basant sur des prévisions de l'agence météorologique japonaise, l'OMM note que toutes les conditions météorologiques évoluaient au large. Et à ce stade, il n'y a pas d'implications pour l'intérieur du Japon ou d'autres pays proches de l'archipel.

Ces prévisions établies le 15 mars à 02H00 GMT prévoient une orientation des vents près de la surface de l’océan vers le nord-est, plus tard vers l’est, et à 1.000 mètres au-dessus de l’océan, seront orientés vers l’est, plus tard vers le sud-est. Pour le mercredi 16 mars, « la prévision des vents est nord et plus tard ouest tant à la surface de l’océan qu’à 1.000 mètres », précise le document de l’OMM. Toutefois, l’OMM met en garde contre de futures fluctuations de la météo et l’impossibilité de dire dans les deux ou trois jours à venir ce qui peut se passer. Selon le Secrétaire général de l’OMM, « il est très important d’émettre des alertes pertinentes afin de disposer de meilleures informations météorologiques possibles » sur la crise nucléaire japonaise. « Un des problèmes, ce sont les rejets de particules nucléaires dans l’atmosphère. Ces particules sont transportées après par les vents et peuvent être lessivés par les précipitations », précise Michel Jarraud.

Concernant une éventuelle dispersion des particules, le Secrétaire général de l’OMM trouve que le contexte japonais est différent de Tchernobyl pour le moment. « Pour Tchernobyl, il y avait une explosion qui avait envoyé des particules très haut dans l’atmosphère. Ces particules sont restées longtemps et ont couvert une zone très importante. Pour le moment, les informations semblent indiquer des relâchements dans l’atmosphère. Le contexte est différent », fait remarquer Michel Jarraud. L’Organisation météorologique mondiale a activé son mécanisme d’intervention en cas d’éco-urgence à la suite du séisme qui a frappé le Japon, expliquant également avoir été sollicitée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dès le 12 mars. Ses Centres météorologiques régionaux spécialisés en Asie (Beijing, Tokyo et Obninsk), en particulier, surveillent de près la situation. Ils sont chargés d’élaborer des prévisions de trajectoires et de dissémination des matières dangereuses à la suite des accidents environnementaux comportant des implications transfrontalières. Les informations recueillies sont destinées aux Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) afin que ceux-ci informent leurs agences gouvernementales respectives, et à l’AIEA qui gère la sécurité nucléaire pour ses États membres.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation Météorologique mondiale)


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14/12/2017
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