Japon : la prudence reste de rigueur selon l'OMS

Plus de deux semaines après le séisme, le tsunami et surtout les dommages causés à la centrale nucléaire de Fukushima, les informations parviennent au compte-gouttes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au vu des informations soumises par les autorités japonaises, il convient de rester prudent, mais il n’existe pas de risque sanitaire lié à la contamination de l’eau et de la chaîne alimentaire. De même, il n’y a pas lieu de s’alarmer des conséquences sanitaires des déplacements de nuages chargés de particules radioactives constatés durant le week-end notamment dans l’État du Nevada aux États-Unis ou en France, dans la région du Massif central.

S’agissant de l’innocuité de l’eau, l’OMS a publié en fin de semaine dernière sur son site internet un avis au public dans lequel l’Organisation souligne que e fait de boire de l’eau du robinet au Japon n’entraîne aucun risque immédiat pour la santé. Selon l’OMS, dans cette situation d’urgence, les autorités japonaises ont adopté des normes de précaution. Actuellement, l’iode radioactif est le contaminant le plus fréquemment détecté et la norme pour les adultes est de 300 Becquerels par litre dans l’eau de boisson. Dans l’hypothèse très improbable de la consommation d’une eau à ce niveau de contamination pendant toute une année, il en résulterait une exposition supplémentaire équivalente à celle due aux radiations naturelles pendant un an.

L’OMS précise que les autorités japonaises, bien qu’elles n’aient pas pour le moment fait officiellement appel aux services de l’OMS, en matière de santé publique, surveillent attentivement la situation et publient, si nécessaire, des avis déconseillant la consommation d’eau du robinet, dont des recommandations spécifiques pour les nourrissons. Il ne faut pas compromettre l’hydratation des nourrissons pour essayer de réduire l’exposition à une contamination par des radionucléides.
L’agence onusienne indique, par ailleurs, que les méthodes standard de traitement des eaux peuvent enlever une part importante de la contamination radioactive. Il existe d’autres options pour réduire les concentrations en contaminants, notamment par la dilution contrôlée de l’eau contaminée par de l’eau non contaminée. Le fait de faire bouillir l’eau n’élimine pas l’iode radioactif.

L’ONU rappelle aussi sa mise en garde concernant les risques d’effets secondaires lies à l’automédication et l’absorption d’iodure de potassium. Elle souligne que les pilules d’iodure de potassium ne sont pas des «antidotes contre l’irradiation». Elles ne protègent pas contre le rayonnement extérieur ni contre d’autres substances radioactives que l’iode. Elles peuvent engendrer des complications médicales chez certains sujets, par exemple les sujets présentant un dysfonctionnement rénal et, de ce fait, il ne faut commencer à prendre de l’iodure de potassium que si les autorités de santé publique le recommandent expressément.
Enfin, l’OMS engage les populations à suivre les directives ou ordres pouvant être données par les autorités concernant notamment le confinement.

(Interview : Gregory Hartl, porte-parole de l’OMS; propos recueillis par Jérôme Longué)

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12/12/2017
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