HCR: l’acheminement de l’aide mis à mal en Côte d’Ivoire

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a commencé ce week-end la distribution d'articles humanitaires d'urgence à Abidjan, la capitale économique de Côte d'Ivoire, malgré l'insécurité et les combats qui entravent l'acheminement de l'aide.

Côte d'Ivoire

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« L’insécurité entrave toujours l’accès aux populations piégées par les combats. Lundi, avec les nouveaux affrontements qui ont éclaté dans le quartier commerçant de Yopougon, la situation pour les habitants d’Abidjan et les travailleurs humanitaires reste fragile », a déclaré une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève.

Malgré les problèmes sécuritaires, le HCR et ses partenaires ont été en mesure de porter assistance à plus de 10 000 déplacés. Sur les 300 000 personnes déplacées à Abidjan, le HCR et ses partenaires ont identifié environ 18 000 personnes dispersées dans 24 sites différents et 19 000 autres vivant chez des proches, a indiqué l’agence onusienne.

Des nattes, des couvertures, des tentes, des moustiquaires et du savon ont été distribués aux déplacés qui bénéficient également de rations alimentaires fournies par le Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’accès aux soins de santé grâce aux activités développées par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)) et la Fédération internationale de la Croix-Rouge.

« Actuellement il existe de nombreux barrages dans la ville tenus par des groupes d’auto-défense des deux camps. A Yopougon, nos partenaires ont été physiquement empêchés d’acheminer l’aide, ce qui a des conséquences directes pour les populations dans le besoin », a expliqué la porte-parole du HCR.

Plus de 310 personnes seraient sérieusement malades dans le camp de déplacés de Yopougon. Un garçon de huit ans serait mort d’une crise d’asthme et une femme aurait été obligée d’accoucher sans assistance médicalisée. « Malgré ces conditions, nos partenaires humanitaires continuent de découvrir de nouvelle poches de déplacés à Abidjan et aux alentours ainsi qu’à Akopé, Yomoussoukro et Jaqueville au sud-est et à l’est de la Côte d’Ivoire », a conclu Melissa Fleming.

Dans un entretien accordé à Radio France internationale (RFI), le Représentant spécial de l’ONU dans le pays, Y J Choi, a estimé toutefois que des signes d’un début de sortie de crise se faisaient sentir. Selon lui, la population ne soutient pas le camp de l’ancien Président Laurent Gbagbo, les forces militaires acquises au Président Alassane Ouattara gagnent du terrain et les sanctions financières commencent à sérieusement gêner le camp Gbagbo.

(Mise en perspective : Martial Assème)

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20/10/2017
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