Droits de l'homme : nomination d'un Rapporteur spécial pour l'Iran

Le Conseil des droits de l'homme a adopté, ce jeudi 24 mars à Genève, une résolution portant création d'un mandat de rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran. Par cette résolution, adoptée à la suite d'un vote, le Conseil invite Téhéran à collaborer sans réserve avec le nouveau Rapporteur spécial, à lui permettre de se rendre dans le pays et à lui donner accès à toute l'information nécessaire pour pouvoir s'acquitter de son mandat.

Vingt-deux membres du Conseil basé à Genève ont voté en faveur de la résolution, présentée par la Suède et appuyée par les Etats-Unis ainsi que d’autres pays non occidentaux dont la Zambie, le Panama, la Colombie ou le Sénégal. Sept pays, dont la Chine, Cuba, le Pakistan, la Russie et la Mauritanie notamment ont voté contre, tandis que 14 pays se sont abstenus.

En présentant le projet de résolution sur la situation des droits de l’homme dans la République islamique d’Iran, le Représentant de la Suède a souligné que le Conseil doit tirer parti de tous ses mécanismes pour traiter la question des violations des droits de l’homme en Iran. Jan Knutsson note que cette résolution permettra au Conseil de rester informé de la situation des droits de l’homme en Iran et a souhaité qu’elle soit adoptée par consensus. La représentante américaine auprès du Conseil lui a emboîté le pas. Eileen Donohoe a relevé que « les Etats-Unis et d’autres partenaires sont gravement préoccupés par la situation en Iran où le respect des droits de l’Homme s’est détérioré de manière dramatique ces dernières années ».

Mais le représentant de l’Iran a dénoncé avec virulence le « rôle destructeur » des Etats-Unis au sein du Conseil, condamnant les violations des droits de l’Homme commises sur le territoire américain et ailleurs dans le monde. Seyed Mohammad Reza Sajjadi assure que Téhéran avait invité des rapporteurs à se rendre en Iran en au moins six occasions par le passé et précisé que la Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Navi Pillay avait été conviée à se rendre en Iran cette année. « Mais quel que soit le résultat, l’Iran restera attaché à poursuivre ses objectifs en matière de promotion et de protection des droits de l’homme », conclut le Représentant iranien.

Autre pays ayant contre cette résolution, la Mauritanie qui a estimé qu’une fois que l’Iran a montré sa volonté de coopération avec les mécanismes du Conseil, accepté les recommandations formulées dans le cadre de l’Examen périodique universel et invité la Haut-Commissaire à visiter son pays, sa délégation pense que cette résolution ne présente aucun avantage s’agissant de la situation des droits de l’homme en Iran. En conséquence, Cheikh Ahmed Ould Zahaf note que la Mauritanie vote contre cette résolution.

Ont voté pour (22) : Argentine, Belgique, Brésil, Chili, Espagne, États-Unis, France, Guatemala, Hongrie, Japon, Maldives, Mexique, Norvège, Pologne, République de Corée, République de Moldova, Royaume-Uni, Sénégal, Slovaquie, Suisse, Ukraine et Zambie.

Ont voté contre (7) : Bangladesh, Chine, Cuba, Fédération de Russie, Équateur, Mauritanie et Pakistan.
Abstentions (14) : Arabie saoudite, Bahreïn, Burkina Faso, Cameroun, Djibouti, Gabon, Ghana, Jordanie, Malaisie, Maurice, Nigéria, Ouganda, Thaïlande et Uruguay.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Cheikh Ahmed Ould Zahaf, Représentant de la Mauritanie)


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12/12/2017
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