Côte d'Ivoire/ONU : possibilité d'un crime contre l’humanité à Abobo

L'attaque à l'arme lourde à Abidjan par "les forces armées du camp du président Gbagbo pourrait constituer un « crime contre l'humanité », a indiqué vendredi à Geneve, le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

Cote d\'ivoire; carte; map « Il est difficile de ne pas arriver à la conclusion qu’il s’agit de crimes, vraisemblablement d’un crime contre l’humanité », a déclaré Rupert Coleville, le porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU.

Le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme condamne les tirs d’obus sur des zones avec des civils à Abobo,hier jeudi 17 mars. Ce massacre intervient alors que la communauté internationale s’inquiète de plus en plus des répercussions sur les civils d’une crise qui avant cette attaque avait fait, selon l’ONU, plus de 410 morts depuis mi-décembre et menace de plonger la Côte d’Ivoire dans une guerre civile.

Sur le plan humanitaire, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a exprimé « sa plus vive inquiétude devant cette escalade sans précédent de la violence et joint sa voix à celle des autres organisations pour la cessation des hostilités et la protection des civils ». Dans un communiqué, Ocha signale que le « caractère civil des sites accueillant des déplacés est menacé” et que la “protection des populations sur ces sites n’est pas assurée », estimant qu’il y a un « réel risque d’embrasement de la zone ».

De son côté, l’UNICEF note que les conditions de vie se sont fortement dégradées dans tout le pays. Depuis 2 mois, quelque 800 000 enfants ne vont plus à l’école. Les coupures d’eau et d’électricité pendant une semaine au nord et à l’ouest du pays ont aggravé la vulnérabilité d’une population déjà affaiblie en l’exposant à des risques d’épidémies telles que le choléra déjà présent à Abidjan. Environ 1,8 million de personnes n’ont plus accès à l’eau potable. D’ici quelques semaines l’arrivée de la saison des pluies pourrait compliquer la situation et notamment ralentir l’acheminement du matériel d’aide d’urgence ainsi que les déplacements.

Environ 300.000 personnes ont été déplacées par les violences à Abidjan, selon l’ONU qui dénombre 31 sites où sont recensées 18.000 personnes. Plus de 90.000 Ivoiriens se sont également réfugiés au Liberia depuis le début de la crise, dont plus de la moitié depuis fin février.

(Mise en perspective d’Alpha Diallo avec des extraits sonores de Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme et de Louis Vigneault-Dubois, porte-parole de l’UNICEF en Côte d’Ivoire)

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16/10/2017
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