Côte d'Ivoire/ICG: donner une nouvelle chance à la négociation

En Côte d'Ivoire, alors que les forces armées d'Alassane Ouattara poursuivent leur offensive et ont pris ce mercredi le contrôle de la ville de Tiébissou, située à 40 km au nord de la capitale politique Yamoussoukro, l'ONG International Crisis Group (ICG) estime qu'il faut donner encore des chances à la négociation.

Le Directeur du bureau Afrique de l’ouest de l’ICG s’attend à des négociations sur la base du rapport de force qui aura changé sur le terrain avec le développement de ces derniers jours en Côte d’Ivoire. Selon Gilles Yabi, « l’offensive des forces républicaines semble être la réponse face à la volonté de Laurent Gbagbo de se maintenir » coûte que coûte au pouvoir.

Alors que les « forces républicaines » ont pris ce mercredi 30 mars le contrôle de la ville de Tiébissou, située à 40 km au nord de la capitale politique Yamoussoukro, l’ONG redoute déjà le scénario d’Abidjan, avec comme risque que les actions ne soient pas seulement militaires mais qu’elles soient aussi dirigées sur les populations civiles présumées favorables à Alassane Ouattara. « Et là on rentre dans un scénario de violence qui implique des civils entre eux avec très vite une dimension ethnique et religieuse », avertit Gille Yabi. C’est pourquoi l’ICG est d’avis qu’il faut éviter d’arriver à une confrontation militaire totale à Abidjan parce que le risque de débordement sur les populations civiles non impliquées dans les combats est très important.

En attendant, l’ONG plaide pour un renforcement de la présence militaire de l’ONUCI « qui doit viser clairement à protéger plus efficacement les populations civiles ». Face à la demande de Laurent Gbagbo pour un cessez-le-feu immédiat et la position d’Alassane Ouattara qui parle de la fin de toutes les voies pacifiques de sortie de crise, l’International Crisis Group pense que « la solution de sortie de crise passe forcément par une négociation sur la composition d’un futur gouvernement d’unité nationale ».

Mais l’ONG International Crisis Group est également très claire sur le fait qu’il y a eu une élection présidentielle et il ne s’agit de tirer un trait sur ce processus électoral. « Donc ce gouvernement doit être dirigé par le Président Alassane Ouattara mais cela doit passer par une négociation impliquant des membres du camp Gbagbo à l’exclusion de Laurent Gbagbo, mais également par une implication de la société civile ivoirienne », conclut Gilles Yabi.

(Interview: Gilles Yabi, Directeur du bureau Afrique de l’Ouest à International Crisis Group; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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