Côte d’Ivoire : Navi Pillay pour l’envoi d’une commission d’enquête internationale

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné, ce lundi 14 mars à Genève, un rapport sur la situation en Côte d'Ivoire, qui appelle notamment à la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme dans ce pays. Le rapport de la Chef des droits de l'homme qui fait suite à la session spéciale de décembre à Genève, conclut « à une détérioration drastique de la situation » depuis les élections de novembre l'an dernier. Le rapport conclut que « l'impasse politique actuelle constitue une menace réelle pour la protection des civils ».

Le rapport de Navi Pillay a été présenté par son adjointe, Kyung-Wha Kang. Il relève des cas d’exécutions extrajudiciaires, d’enlèvements, de disparitions forcées, de harcèlement et d’intimidation et à d’autres violations des droits de l’homme qui seraient imputables aux forces de sécurité et aux groupes armés alliés à Laurent Gbagbo à Abidjan et dans d’autres parties du pays.

Si la plupart des violations rapportées se sont produites dans les zones sous contrôle de M. Gbagbo et de ses alliés, il y a eu des rapports de violations des droits de l’homme dans les zones contrôlées par les Forces Nouvelles supportant le Président Alassane Ouattara, notamment des destructions de biens appartenant à certains dirigeants du camp de M. Gbagbo, des attaques contre ses représentants locaux et des arrestations et détentions de ressortissants étrangers. Le rapport documente également l’utilisation des médias pour inciter à la violence et à la haine et le recrutement et l’armement de jeunes ainsi que la réactivation et le réarmement de divers groupes de miliciens.

Entre le 16 décembre 2010 et le 8 mars 2011, plus de 385 meurtres extrajudiciaires ont été rapportés, dont la plupart seraient le fait de la Force de défense et de sécurité loyale à M. Gbagbo, a précisé la Haut-Commissaire adjointe; ont également été rapportées plus de 520 arrestations et détentions arbitraires, certaines impliquant des actes de torture. En outre, plus de 70 cas de disparitions ont été enregistrés par la Division des droits de l’homme de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). De plus, la violence a entraîné le déplacement interne de plus de 200 000 personnes et on estime à 80 000 le nombre de réfugiés qui auraient fui le pays, en premier lieu vers le Libéria.

Depuis la publication du rapport, la situation des droits de l’homme s’est sérieusement détériorée, en particulier à Abidjan et dans l’ouest du pays, a poursuivi Mme Kang. Elle a souligné que le rapport de la Haut-Commissaire demandait à M. Gbagbo et à ses partisans de mettre fin à toute violation de droits de l’homme et à cesser le recrutement, l’armement et l’utilisation de groupes de jeunes, de milices et de mercenaires. Enfin, la Haut-Commissaire adjointe a souligné que le rapport de la Haut-Commissaire demande à la communauté internationale de doter l’ONUCI de la capacité de protéger les civils qui sont menacés d’un danger imminent.

Le Ministre de la justice et des droits de l’homme de Côte d’Ivoire, a réitéré le souhait du Président Alassane Ouattara et son Gouvernement d’accueillir une commission d’enquête sur les graves événements et violations des droits de l’homme survenus depuis le second tour de l’élection. Selon Ahoussou Jeannot, le rapport de la Haut-Commissaire donne une base juridique pour combattre l’impunité en Côte d’Ivoire, a estimé le ministre, qui a conclu en invitant le Conseil à adopter le rapport de la haut-Commissaire dont les conclusions pourront alimenter dossier de la Cour pénale internationale.

Mise en perspective d’Alpha Diallo

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...