Côte d’Ivoire: les bureaux du HCR à Guiglo pillés par des hommes armés

Les bureaux du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) ont été pillés mercredi 23 mars par un groupe de miliciens armés à Guiglo. Cette ville située dans l'ouest de la Côte d'Ivoire est contrôlée par les militaires fidèles au président Laurent Gbagbo.

Côte d'Ivoire

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Selon Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR, les bureaux ont été attaqués à trois reprises dans la journée et la nuit du mercredi 23 mars par des hommes armés. Dans ce bureau où travaillent quatre fonctionnaires du HCR, les miliciens armés ont emporté trois voitures 4×4 et deux motos ainsi que du matériel de bureau.

Si le personnel est sain et sauf, cet épisode traduit, selon le HCR, la dégradation de la situation en Côte d’Ivoire. « Ce n’est pas juste une anecdote parce que cela traduit la situation qui prévaut dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Cette région devient une zone de non droit avec plusieurs attaques de personnes armées », souligne Fatoumata Lejeune-Kaba.

Le HCR qui continue d’évaluer les dégâts n’a pas encore identifié les auteurs de ces exactions même si Guiglo est contrôlé par les militaires fidèles au président Laurent Gbagbo.

Le HCR redoute surtout que ses voitures soient utilisées par ces pilleurs lors des combats dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Selon Fatoumata Lejeune-Kaba, c’est très dangereux de voir des personnes armées utiliser les véhicules des humanitaires. « Lors de futures actions des hommes armés ayant pris ces véhicules, on pourrait croire que le HCR transporte des combattants ou prend part aux combats. Et cela peut prêter à confusion », fait remarquer la porte-parole du HCR. L’agence onusienne basée à Genève rappelle à cet égard « qu’il n’est pas normal que des véhicules appartenant à des agences des Nations Unies soient utilisés par des hommes armés car cela met en danger la vie des travailleurs humanitaires sur le terrain ».

Le HCR estime que près de 700.000 personnes ont fui leur habitation depuis le début de la crise, dont quelque 94.000 sont réfugiés au Liberia.

(Extrait sonore : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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