Afghanistan : renforcer le rôle de l'ONU durant la transition

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation en Afghanistan. En présence du Représentant spécial des Nations Unies dans le pays, Staffan de Mistura et de l'Ambassadeur afghan, les quinze ont insisté sur l'importance du processus de transition et de transfert des pouvoirs aux autorités afghanes alors cela va faire bientôt dix ans que la communauté internationale s'est investie à différents titres pour aider le pays à se relever.

Consejo de Seguridad
Conseil de sécurité
Au cours du débat, la nécessité de renforcer les aspects politiques, institutionnels et sécuritaires a largement été soulignée. La question des droits de l’homme a aussi été l’objet de préoccupation.

Plusieurs pays à l’instar de la France ont appuyé le processus de transition en cours. Son Représentant permanent adjoint, Martin Briens, a rappelé que le Conseil de sécurité s’apprête à reconduire le mandat de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Le gouvernement afghan et les nations engagées à ses côtés ont, avec le « Processus de Kaboul » et la Déclaration sur la Transition adoptée à Lisbonne le 20 novembre dernier, défini la feuille de route d’un retour au plein exercice par les Afghans de leur souveraineté.

La France veut que le processus de transition soit durable et irréversible, et qu’il conduise également à une prise en charge par les Afghans de responsabilités en matière de gouvernance et de développement. Pour cela, la communauté internationale doit progresser sur le front de la sécurité, de la politique et du développement.

Pour autant, le contexte actuel rend plus nécessaire que jamais la présence et l’action de la MANUA et, plus largement, des Nations unies en Afghanistan. La France estime que le mandat voté l’année dernière dans la résolution 1917, recentré sur quelques priorités, reste pertinent. La coordination de l’aide à travers la co-présidence du JCMB, la réforme électorale, la réconciliation à travers l’action de soutien du Salam Group, l’évolution le moment venu du régime de sanctions créé par la résolution 1267, la coordination civilo-militaire dans le cadre de la Transition et la coopération régionale doivent continuer de guider l’action du Représentant spécial.

Le diplomate français a insisté sur plusieurs points. D’abord, la nécessité de voir le Représentant spécial du Secrétaire général rester impliqué dans la réforme du cadre électoral afghan, même si celle-ci doit relever avant tout des Afghans eux-mêmes. Ensuite, il importe d’adapter le mandat de la MANUA au nouveau contexte de la transition, qui va redéfinir graduellement les contours de l’engagement civil et militaire en Afghanistan. La présence forte des Nations unies, à Kaboul comme au niveau local est plus que jamais nécessaire. Aussi, le rôle de la MANUA doit-il se transformer et être renforcé pour tenir compte de l’évolution des efforts internationaux en faveur de l’Afghanistan, le rôle de chef de file des Nations unies dans ces efforts devant être conforté au cours de la transition.

(Extrait sonore : Martin Briens, Représentant permanent adjoint de la France)

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18/12/2017
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