Sud-Soudan : après la sécession, le plus dur reste à venir

Les résultats définitifs du référendum sur l'avenir du Sud-Soudan ont été annoncés ce lundi, consacrant la victoire de l'option indépendantiste. Ils donneront naissance en juillet à un nouvel État en Afrique, une perspective acceptée d'avance par le Nord.

À 16H30 GMT à Khartoum les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu du 9 au 15 janvier, ont été proclamés en présence du président soudanais Omar el-Béchir et du président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir.

Le référendum était un élément clé de l’Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord, principalement musulman et arabe, et le Sud, principalement chrétien et animiste.

La communauté internationale a salué la clarté et la crédibilité du scrutin, malgré les défis logistiques.

Selon les termes de l’Accord, la séparation effective est attendue pour le 9 juillet. Les responsables nordistes et sudistes ont désormais moins de six mois pour se mettre d’accord sur des dossiers sensibles, dont la délimitation des frontières, le partage des revenus du pétrole ou encore le statut de la région contestée d’Abyei.

Dans un entretien accordé à la Radio des Nations Unies, Denis Kadima, Directeur de la Division référendaire et électorale intégrée des Nations Unies au Soudan, souligne qu’il faut ainsi trouver une formule de partage des revenus pétroliers, puisque 80% des réserves pétrolières du pays, estimées à plus de six milliards de barils, sont enfouies au Sud, mais que la région doit utiliser l’oléoduc traversant le nord du pays pour l’exportation.

Les deux parties doivent aussi rapidement s’accorder sur le statut des centaines de milliers de Sudistes vivant toujours dans le Nord, de même que des Nordistes installés au Sud, pour éviter d’accélérer les vagues de migration déjà commencées.

A ces sujets sensibles, s’ajoutent la démarcation de la frontière Nord-Sud, dont 20% demeure contestée, et la question d’Abyei, enclave située à la lisière du Nord et du Sud revendiquée à la fois par la tribu sudiste Dinka Ngok et par celle, nordiste, des Misseriya.

Un référendum sur le rattachement d’Abyei au Nord ou au Sud était prévu le 9 janvier, mais il a été repoussé sine die. Des combats ayant fait jusqu’à 60 morts depuis janvier ont rappelé le caractère explosif de cette zone.

(Interview de Denis Kadima, Directeur de la Division référendaire et électorale intégrée des Nations Unies; propos recueillis par Maha Fayek)

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15/12/2017
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