Sécurité alimentaire : la menace d'une flambée des prix

Depuis quelques semaines, les responsables de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et notamment sont Directeur général, Jacques Diouf, s'inquiètent de la forte augmentation des prix alimentaires mondiaux. Ces derniers ont en effet atteint un nouveau pic historique en janvier, pour le septième mois consécutif, selon l'Indice FAO des prix des produits alimentaires qui surveille l'évolution mensuelle des cours internationaux d'un panier de denrées alimentaires de base.

Vendeur au marché, Ouagadougou, Burkina Faso-©FAO/Alessandra Benedetti

Vendeur au marché, Ouagadougou, Burkina Faso-©FAO/Alessandra Benedetti

L’Indice s’est établi à 231 points en janvier, en hausse de 3,4 pour cent par rapport à décembre 2010. C’est le plus haut niveau jamais atteint (en termes réels et nominaux) depuis que la FAO a commencé à mesurer les prix alimentaires en 1990. Les prix de l’ensemble des denrées ont accusé de fortes hausses en janvier, à l’exception de celui de la viande qui est resté inchangé.

Lors d’une conférence de presse conjointe donnée le 4 février à Rome en compagnie du Ministre français de l’agriculture, Bruno Le Maire, le patron de la FAO, a lancé une mise en garde contre la menace le renchérissement des denrées de base fait peser sur la sécurité alimentaire fragile de nombreux pays.

Un constat relayé par l’économiste et expert en céréales de la FAO, Abdolreza Abbassian, qui estime que “les nouveaux chiffres montrent clairement que la pression à la hausse des prix alimentaires mondiaux ne montre pas de signe d’essoufflement”. “Ces prix élevés devraient se maintenir dans les mois à venir, ce qui est source de préoccupation, en particulier pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier qui risquent d’avoir du mal à financer leurs importations vivrières, et pour les ménages pauvres qui consacrent une grande partie de leurs revenus à l’alimentation.”

“Le seul facteur encourageant jusqu’à présent vient de plusieurs pays, où- grâce à de bonnes récoltes- les prix de certains des aliments de base sur les marchés intérieurs demeurent faibles par rapport aux cours mondiaux”, ajoute Abdolreza Abbassian.

Ainsi, l’Indice des prix des céréales a atteint 245 points en janvier, c’est-à-dire 3 pour cent de plus qu’en décembre et le plus haut niveau depuis juillet 2008, mais toujours inférieur de 11 pour cent au record d’avril 2008. Cette hausse traduisait essentiellement un raffermissement continu des cours internationaux du blé et du maïs, dans un contexte de tassement de l’offre. En revanche, les prix du riz ont fléchi légèrement, sous l’effet de la récolte des cultures principales en cours dans les grands pays exportateurs.

L’Indice des prix des huiles/matières grasses a quant à lui augmenté de 5,6 pour cent, s’établissant à 278 points, proche du record de juin 2008, ce qui traduit un équilibre de plus en plus précaire de l’offre et de la demande dans tout le secteur des oléagineux.

L’Indice des prix des produits laitiers avoisinait les 221 points en janvier, soit 6,2 pour cent de plus qu’en décembre, mais toujours inférieur de 17 pour cent à son pic de novembre 2007. La demande ferme de produits laitiers a continué à soutenir les prix dans un contexte normal de fléchissement saisonnier de la production dans l’hémisphère sud.

L’Indice des prix du sucre a gagné 5,4 points en janvier, passant à 420. Les cours du sucre demeurent élevés sous l’effet du resserrement de l’offre mondiale.

En revanche, l’Indice des prix de la viande s’est stabilisé autour de 166 points, car le recul des prix de la viande en Europe, provoqué par une désaffection des consommateurs faisant suite à un scandale d’aliments pour animaux contaminés, a été compensé par une légère hausse des prix à l’exportation du Brésil et des Etats-Unis.

(Extrait sonore : Jacques Diouf, Directeur général de la FAO)

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17/10/2017
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