Salatou Sambou : enrayer le déclin de la pêche en Casamance

Salatou Sambou est Président de l'Organisation des pêcheurs de la commune de Mangangoulak. Avec ses collègues, il connait les secrets des bolongs mieux que les pélicans et les cormorans qui les survolent.

Cela fait plusieurs années qu’ils discutent entre eux du déclin de la pêche. Ils ont assisté à la disparition progressive de plusieurs espèces de poissons et se sont dit qu’il fallait faire quelque chose. Ils se sont donc rappelé les lois coutumières qui interdisaient de pêcher dans certaines zones et à certaines époques. Ces lois coutumières imposaient une sorte de repos biologique traditionnel. Or, elles ont été supprimées de facto par l’État, qui a pris sur soi la gestion des ressources naturelles dont la pêche.

En réaction, l’Organisation des pêcheurs de la commune de Mangangoulak vient de recréer des règles dans sa zone traditionnelle de pêche désormais appelée Kawawana qui, dans la langue locale, le djola, signifie “notre patrimoine naturel que nous voulons conserver”. Kawawana est donc une Aire de patrimoine communautaire (APAC). L’Organisation a identifié ses limites, son zonage interne, ses règles de pêche dans chaque zone et la façon de contrôler que ces règles sont respectées et leurs résultats suivis.

Salatou Sambou a présenté les activités de son organisation, fin 2010 à Nagoya, au Japon, lors de la Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique.

(Interview : Salatou Sambou, Président de l’Organisation des pêcheurs de la commune de Mangangoulak; propos recueillis par Jérôme Longué)


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15/12/2017
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