RDC : violences sexuelles, ouverture d’un foyer pour les victimes

Dans le cadre d'une campagne contre les viols en République démocratique du Congo (RDC), l'ONU et ses partenaires ont ouvert cette semaine, à Bukavu, dans l'est du pays, un centre destiné aux victimes de violences sexuelles, pour qu'elles disposent d'un refuge et bénéficient d'un soutien psychologique leur permettant de reconstruire leur vie.

Campagne des femmes victimes de violence sexuelles en RDC

Campagne des femmes victimes de violences sexuelles en RDC

Baptisé « La Cité de la Joie », ce foyer créé par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF et l’organisation non gouvernementale V-Day pourra accueillir 180 femmes âgées de 14 à 35 ans chaque année. En plus d’une psychothérapie, elles pourront suivre un vaste programme de formations comprenant de l’alphabétisation, des notions de base en comptabilité et en économie et des cours d’éducation sexuelle.
Pour l’UNICEF, ce sont les femmes congolaises qui sont « la force motrice de la Cité de la Joie », car « leurs besoins et leurs souhaits sont à la base de ce projet ». Ce projet s’inscrit néanmoins dans un combat plus large mené par l’ONU et ses agences, afin que les femmes congolaises ne soient plus les victimes de violences sexuelles mais les chefs de file de la lutte contre celles-ci.

« Aussi tragique que puisse être la nécessité de créer un tel centre, je suis reconnaissante aux personnes et organisations qui ont permis à la Cité de la Joie de voir le jour », a déclaré lors de la cérémonie d’inauguration la Représentante spéciale de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström. « Les femmes sont vitales pour l’avenir de ce pays. Elles portent les enfants, elles portent l’eau, elles portent les biens, elles portent tout. Maintenant, en plus de çà cela, elles doivent aussi porter la honte d’avoir subi des violences sexuelles. Ce n’est évidemment pas juste », a-t-elle insisté.

« Je souhaiterais saluer et rendre hommage au courage des survivantes qui ont brisé le silence de la violence sexuelle en RDC à travers leurs témoignages, à Goma, Bukavu ou Kinshasa », a de son côté souligné le Représentant de l’UNICEF en RDC, Philippe Heffinck. « Le viol est un crime et doit être traité comme tel chaque fois qu’il survient. Combattre l’impunité des auteurs de ces crimes est un long combat, et chaque arrestation est une victoire pour la justice », a-t-il ajouté.

Selon l’ONU, environ 200.000 femmes ont été violées en RDC au cours des 12 dernières années. Depuis le début de l’année 2011, le nombre de victimes a déjà atteint 120. Les auteurs de ces crimes sont essentiellement des membres des groupes rebelles, à l’instar de ceux qui ont orchestré le viol de plus de 300 femmes, jeunes filles et garçons pendant deux jours, l’été dernier, dans l’est de la RDC.

Des forces régulières de l’armée congolaise sont toutefois aussi responsables de tels actes, comme l’ont montré de récentes enquêtes menées par le Bureau conjoint aux droits de l’homme dans deux villages du Nord-Kivu, Bushani et Kalambahiro, indiquant que les 31 décembre 2010 et 1er janvier 2011, des militaires des FARDC avaient violé près de 40 femmes.

Face à ce fléau, l’UNICEF a lancé en 2007 une vaste campagne de prévention et de sensibilisation intitulée : « Halte au viol de notre ressource la plus précieuse : le pouvoir aux femmes et aux filles de RDC ». L’ouverture du foyer de la Cité de la joie est la dernière réalisation s’inscrivant dans le cadre de cette campagne, qui favorise l’autonomisation des femmes.

(Mise en perspective : Martial Assème)

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08/12/2017
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