Somalie : la crise humanitaire aggravée par la sécheresse

Arrivée lundi au Kenya pour une mission de trois jours dans la Corne de l'Afrique, la Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos, s'est rendue mercredi en Somalie dans la région du Puntland où elle s'est inquiétée de l'impact de la sécheresse qui vient s'ajouter à la guerre.

« J’ai constaté le terrible coût du conflit actuel et maintenant de la sécheresse sur la vie quotidienne des Somaliens », a déclaré mercredi Valerie Amos dans un communiqué de presse. « Nos actions dans les prochains mois seront décisives. Le pays est vacillant et au bord d’une crise bien plus grande si les pluies, attendues pour avril, ne viennent pas. Nous devons nous préparer à répondre à cette possibilité rapidement et stratégiquement », a-t-elle ajouté.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 2,4 millions de personnes sont dans une situation d’urgence et ont besoin d’une assistance humanitaire en Somalie. Un chiffre en augmentation avec la sécheresse qui menace la sécurité alimentaire des populations. Les taux de malnutrition, déjà au-dessus des seuils d’urgence, ont encore augmenté à cause du manque d’eau potable et des revenus que les familles tiraient de l’exploitation de leurs bétails, estime le OCHA.

« Nous devons être conscients que les personnes qui souffrent le plus de cette crise, c’est-a-dire les filles, les femmes, les garçons et les hommes, souhaitent avoir une vie normale : les parents veulent que leurs enfants puissent aller à l’école », a-t-elle ajouté.

La chef de l’humanitaire de l’ONU s’est d’abord arrêtée dans la capitale administrative du Puntland, à Garowe, où elle a rencontré les autorités locales afin d’aborder les défis humanitaires auxquels les populations sont confrontées. Elle s’est ensuite rendue à Galkacyo, la capitale de la région de Mudug, où elle a discuté avec un comité local mis en place pour trouver des solutions aux familles les plus touchées par la sécheresse.

Valerie Amos a ensuite visité le camp de déplacés d’Halabokad, situé à la périphérie de Galkacyo. Grâce à une initiative lancée en avril dans ce camp, les familles sont propriétaires de leurs champs. Environ 1,4 million de personnes ont été déplacées à cause de l’instabilité et des affrontements. En un mois la sécheresse a contraint 20 000 personnes à quitter leurs lieux de vie à cause du manque d’eau.
Jeudi, la Secrétaire générale adjointe devait rencontrer les partenaires humanitaires, l’équipe pays de l’ONU pour la Somalie et le Kenya à Nairobi.

(Extrait sonore :Valerie Amos, Secrétaire générale adjointe aux opérations humanitaires)

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20/10/2017
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