Liberté de la presse : les organisations mondiales et régionales épinglées par le CPJ

Selon le rapport annuel « Attaques contre la presse en 2010 », publié mardi par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), un nombre important d'institutions mondiales et régionales chargées de veiller au respect de la liberté de la presse ont failli à leur mission.

Comité pour la Protection des Journalistes
Comité pour la Protection des Journalistes
« Le CPJ a constaté le peu d’enthousiasme et l’incohérence des institutions telles que l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union africaine (UA), l’Organisation des États américains (OEA) et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), entre autres, en matière de défense de la liberté de presse. Alors que de courageux rapporteurs spéciaux luttent contre la violence faite aux médias, leurs efforts pour garantir la liberté de presse se heurtent au manque de volonté politique », a affirmé Mohamed Keita, le coordinateur chargé du plaidoyer pour l’Afrique.

En Afrique, les autorités emploient des mesures de plus en plus agressives pour démasquer les sources d’information confidentielles des journalistes, criminalisent la possession de documents gouvernementaux, et prennent des mesures de rétorsion contre les journalistes d’investigation.

Plusieurs décennies après la démocratisation de la région, l’Amérique latine connait une résurgence de la censure tous azimuts, causée par la répression gouvernementale, l’ingérence dans les affaires judicaires et l’intimidation des groupes criminels. Dans certains pays, un climat d’impunité perpétue le cycle de la violence et de l’autocensure, indique le rapport du CPJ.

Les politiques de la Chine contre les médias sont devenues plus que jamais fermes, même dans un contexte où les journalistes locaux essaient de respecter les orientations fixées par l’organisme d’Etat chargé de la propagande. Les pays démocratiques d’Asie comme la Thaïlande, les Philippines et l’Indonésie semblent incapables de mettre fin à l’impunité avec laquelle les journalistes sont tués, tandis qu’au Sri Lanka, les retombées de la pacification du pays ne profitent guère aux journalistes. En 2010 le Pakistan a été le pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes, poursuit le Comité pour la protection des journalistes.

En Europe et en Asie centrale, de nouvelles formes de censure des plus subtiles commencent à émerger dans la région pour contrer la montée du journalisme électronique, en particulier en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques. Il s’agit notamment d’attaques technologiques ciblées et la désactivation des sites internet des médias indépendants par des actes de piratages intraçables.

Dans toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, les gouvernements assimilent la couverture indépendante de la lutte antiterrorisme au terrorisme lui-même, évoquant des raisons de sécurité nationale pour censurer toute information et opinions jugées critiques à leur encontre.

(Extrait sonore : Keita Mohamed, coordinateur chargé du plaidoyer pour l’Afrique au CPJ ; propos recueillis par Martial Assème)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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