Kosovo : le Conseil de sécurité tire le bilan de trois ans d'indépendance

Le Conseil de sécurité a examiné mercredi après-midi la situation au Kosovo, à la veille du troisième anniversaire de la déclaration d'indépendance du territoire. Sous la présidence du Brésil, les quinze ont entendu tour à tour Lamberto Zannier, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies (MINUK), Vuk Jeremic, le Ministre des affaires étrangères de la Serbie et Vlora Citaku la Ministre des affaires étrangères en exercice de la République du Kosovo. Les quinze membres du Conseil ont ensuite pris la parole, à l'instar de Gérard Araud.

Gérard Araud
Gérard Araud

Le Représentant permanent de la France a fait valoir que les craintes de chaos exprimées par certains en février 2008, au moment de la déclaration d’indépendance, étaient infondées. Pour autant d’importants progrès restent à faire.

Le diplomate français a fait remarquer que 75 Etats ont reconnu aujourd’hui le Kosovo. Selon lui, chaque reconnaissance apporte plus de stabilité au Kosovo et à l’ensemble de la région. Mais les reconnaissances ne sont pas suffisantes. Le Kosovo doit en effet progresser encore dans bien des domaines. L’Etat de droit doit être renforcé; ce qui passe par un renforcement des institutions, la lutte contre la corruption et la criminalité organisée. De même, a-t-il poursuivi, les institutions judiciaires kosovares doivent être consolidées.

Dans son denier rapport sur la MINUK, le Secrétaire général des Nations Unies estime que les élections législatives du 12 décembre et leurs suites ont freiné la dynamique engendrée par la résolution 64/298 de l’Assemblée générale du 9 septembre 2010. Dans ce texte l’Assemblée se félicitait que l’Union européenne soit disposée à faciliter un dialogue entre Pristina et Belgrade. Il souligne que ces élections n’ont été ni convoquées, ni certifiées par l’ONU. Il reconnaît toutefois que le scrutin s’est déroulé dans un climat de paix et n’a pas exacerbé les tensions au sein de la population.

Bank Ki-Moon fait enfin remarquer qu’au Kosovo du nord, la situation est restée très instable avec des tensions interethniques et des agressions contre des membres de la communauté internationale et contre des Serbes du Kosovo qui avaient des liens avec les autorités kosovares.

(Mise en perspective : Jérôme Longué avec un extrait sonore de l’intervention du Représentant permanent de la France, Gérard Araud)

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23/10/2017
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