Excision: une pratique à abandonner au plus vite

« Mettre des ponts entre l'Europe et l'Afrique pour accélérer l'abandon des mutilations génitales féminines » était le thème retenu le 6 février par l'UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) pour marquer la Journée internationale de la lutte contre la mutilation génitale féminine.

Par cette campagne, l’UNICEF et l’UNFPA comptent aussi recenser les meilleurs approches dans la lutte contre l’excision, en prônant notamment la partage des informations de façon participative, culturellement sensible, et sans jugement. Finalement, « Mettre des ponts » cherche aussi à établir des liens entre les différents acteurs qui se consacrent à cette lutte afin d’accélérer le processus d’abandon.

Il s’agit d’une campagne à plusieurs facettes coparrainée par l’UNICEF et l’UNFPA qui compte sur l’appui des médias pour apporter plus de visibilité à ce combat.

« Mettre des ponts » c’est créer des liens entre les communautés africaines et leurs diasporas vivant en Europe afin qu’elles concordent dans leur abandon de la mutilation génitale féminine. Car, si cette pratique crée des conflits culturels et des violations de droits humains lorsqu’elle est exportée vers l’Europe par les communautés africaines, elle en crée tout autant quand les communautés d’origine abandonnent l’excision sans la participation de la diaspora vivant en Europe.

Il faut savoir qu’environ 120 à 140 millions de femmes ont subi la mutilation ou coupure génitale féminine et trois millions de filles continuent d’être à risque.

En 2007, les Nations Unies, dont l’UNFPA et l’UNICEF, ont lancé une campagne pour mettre fin à la mutilation génitale féminine dans dix-sept pays en une génération. D’après l’UNFPA, cet objectif est en danger. Moins de la moitié des 44 millions de dollars promis par les bailleurs de fond, soit à peine 20 millions de dollars, aurait été reçue à ce jour. Le programme n’a pu atteindre que douze des dix-sept pays visés et ceux-ci verront des réductions allant jusqu’à 25% des budgets demandés faute de moyens.

(Interview : Nafissatou Diop, Coordinatrice du programme conjoint UNFPA/UNICEF contre les mutilations génitales; propos recueillis par Cristina Silveiro).


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13/12/2017
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