Égypte: Navi Pillay propose d'envoyer une mission d'évaluation

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme pourrait proposer aux autorités égyptiennes d'envoyer une mission d'évaluation comme celle qu'elle a envoyée en Tunisie pour enquêter sur des violations des droits de l'homme commises lors des soulèvements. Selon le Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord au Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme « dès que les conditions le permettent, le Haut Commissariat va envoyer une équipe en coordination et en consultation avec les autorités égyptiennes ».

En attendant, Frej Fenniche est d’avis que ces événements en Egypte étaient attendus de longue date. Il justifie cette situation vécue par la Tunisie et l’Egypte par « la négation des droits de l’homme et la non reconnaissance des droits de la population à s’exprimer librement, sans oublier des politiques économiques défavorables à la majorité du peuple ainsi que la corruption ». « En plus ces Etats s’appuient plus sur des appareils sécuritaires que sur l’adhésion de leur population », ajoute le Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord qui pense que tous ces facteurs conduisent à l’explosion.
Interrogé sur un éventuel départ des dirigeants qui ont symbolisé ce déni de droits humains, Frej Fenniche note qu’au delà des personnes et des dirigeants, le plus important pour un peuple est la satisfaction de ses revendications. « Si les dirigeants n’écoutent pas leur peuple soit en répondant positivement à leurs revendications ou en changeant le système ou en partant, c’est qu’ils ont failli à gouverner », avance le Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord non sans ajouter qu’un « dirigeant intelligent est celui qui écoute son peuple et gouverne au nom de son peuple ».

Au-delà du cas égyptien et tunisien, le Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord pense que l’appel de la Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU à l’Egypte est aussi un appel à tous les gouvernements qui sont dans des situations identiques. « Les peuples ne peuvent pas être gouvernés que par la répression seulement ». Selon Frej Fenniche, le respect des droits de l’homme est nécessaire et « les peuples ont le droit de se soulever si jamais leurs droits sont déniés ». Pourtant Frej Fenniche redoute que certains gouvernements continuent à ignorer les revendications des populations et répondent par la répression. Une situation qu’il qualifie de fuite en avant. « La crainte aussi, ce sont plus de sacrifices en vies humaines et la déviation des revendications sans de véritables réformes », avertit le Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord au Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

(Interview : Frej Fenniche, Chef de la section Moyen Orient et Afrique du Nord au Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/10/2017
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