Egypte : Navi Pillay dénonce les violations des droits de l'homme

Navi Pillay s'est déclarée profondément alarmée par le nombre croissant des victimes en Egypte, en proie à des manifestations sans précédent.

Navi Pillay

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Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a évoqué ce mardi à Genève le chiffre de 300 morts depuis le début du mouvement de contestation en Egypte, précisant qu’il s’agissait « d’informations non confirmées ».

La Chef de l’ONU aux droits de l’homme qui se réjouit de l’annonce faite par l’armée égyptienne de ne pas faire usage de la force lors des manifestations, plaide également pour des réformes fondamentales pour améliorer les droits de l’homme et la démocratie.

Selon Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, « la population semble avoir clairement rejeté un système qui prive le peuple de ses droits fondamentaux et a commis de graves abus dont l’usage répandu d’actes de torture ». Il cite par ailleurs le Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui considère « qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

Dans ces conditions, la Haut Commissaire aux droits de l’homme demande instamment aux autorités égyptiennes de s’assurer que la police et les autres forces de sécurité évitent scrupuleusement l’usage de la force. Relevant que le mouvement populaire en Egypte s’est exprimé de manière courageuse et pacifique, Navi Pillay exhorte les autorités égyptiennes à écouter les demandes du peuple égyptien en faveur de réformes fondamentales pour améliorer les droits de l’homme et la démocratie.

En attendant, la Chef de l’ONU aux droits de l’homme remarque que les autorités égyptiennes, en maintenant l’état d’urgence en vigueur depuis près de 30 ans, « ont clairement démontré que les droits de l’homme n’étaient pas leur première préoccupation ». Elle met en outre en garde contre le « vide sécuritaire qui s’est créé après le retrait de la police dans les rues » ces jours derniers au Caire. « Je crois qu’une enquête claire doit déterminer pourquoi les autorités ont pris la décision d’exposer la population à un risque considérable de cette façon et qui est responsable d’une telle violation du droit à la sécurité de la population » a souligné Navi Pillay.

(Extrait sonore : Rupert Colville, Porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, avec une mise en perspective d’Alpha Diallo à Genève)

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15/12/2017
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