Egypte : l'ONU veut envoyer une mission des droits de l'homme

L'ONU est prête à envoyer une mission en Egypte ces prochains jours. Au cours d'une conférence de presse ce mercredi à Genève, des responsables du Haut Commissariat aux droits de l'homme ont indiqué avoir bon espoir d'envoyer une équipe d'experts pour évaluer la situation sur place. A cet égard, Navi Pillay va demander officiellement aux nouvelles autorités du Caire d'accepter une mission de son bureau pour voyager le plus rapidement possible en Egypte.

Selon Anders Kompass, chef du Service du renforcement des capacités et des opérations sur le terrain, l’objectif de cette mission en Egypte serait d’établir des contacts avec des responsables gouvernementaux et des représentants de la société civile, ainsi que des organisations et institutions des droits humains. Ces différentes rencontres permettront ainsi à l’ONU « d’évaluer la situation et trouver des moyens d’aider la transition vers la démocratie du point de vue des droits de l’homme ».

Mais vu que le Haut Commissariat des Nations Unies n’a pas de bureau en Egypte, l’équipe de Navi Pillay doit au préalable avoir l’accord formel des autorités égyptiennes avant d’envoyer une équipe au Caire. « Nous avons bon espoir de pouvoir envoyer une mission dans les prochains jours », note Anders Kompass qui espère qu’avec le changement en cours, les nouvelles autorités égyptiennes vont écouter les demandes de leur propre peuple, de leurs organisations des droits de l’homme, de leurs militants indépendants. « L’Egypte n’a rien à perdre en invitant Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à envoyer une mission », estimant que ce serait une façon de donner de la crédibilité au processus de changement en cours.

Avant le départ du président égyptien Hosni Moubarak, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme avait appelé l’Egypte à mener une enquête « transparente et impartiale » sur les violences qui avaient éclaté dans la rue entre les partisans de Moubarak et ses opposants. Et dans le sillage des soulèvements au Moyen-Orient, Navi Pillay avait rappelé que « trop de manifestants pacifiques ont été tués récemment au Proche-Orient et en Afrique du nord », avant de renouveler son appel « aux autorités de tous les pays d’éviter scrupuleusement tout usage excessif de la force qui est strictement interdit par les lois internationales ».

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore d’Anders Kompass, chef du Service du renforcement des capacités et des opérations sur le terrain au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme)

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20/10/2017
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