Droits de l’homme : La Libye sur le banc des accusés

La pression s'accentue sur la Libye où la situation devient « alarmante », selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU. Tripoli a été sur le banc des accusés ce vendredi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, qui doit se prononcer sur l'éventuelle suspension de la Libye de cette instance internationale.

A Genève, il y avait une presque unanimité sur la dénonciation de la répression. La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a donné le ton en ouvrant la 15ème session extraordinaire de ce Conseil basé à Genève. Navi Pillay a vigoureusement dénoncé les « tueries de masse, arrestations arbitraires, détentions et tortures de manifestants ». « En violation continuelle des lois internationales, la répression en Libye contre des manifestants pacifiques s’intensifie de manière alarmante » et « selon certaines sources, des milliers de personnes ont été blessées ou tuées », a déclaré la Chef des droits de l’homme de l’ONU.

Navi Pillay a également dénoncé la responsabilité directe du régime du leader libyen Mouammar Kadhafi dans cette situation résultant, selon elle, « du mépris total pour les droits et la liberté des Libyens qui a marqué près de quatre décennies de pouvoir du régime actuel ».

Les violences perpétrées depuis le 15 février pour réprimer l’insurrection populaire ont été également largement dénoncées par les membres du Conseil des droits de l’homme, dont l’UE, les Etats-Unis, le groupe arabe ou encore l’Organisation de la conférence islamique (OCI). « La population civile est l’objet d’une violence brutale, aveugle et révoltante qui atteint des proportions inqualifiables », s’est insurgé l’Ambassadeur de France, Jean-Baptiste Mattéi. Le Pakistan, au nom de l’Organisation de la Conférence islamique, a appelé Tripoli à « cesser les violences contre des populations innocentes », tandis que le groupe arabe a dénoncé des « crimes inacceptables et non justifiés ».

Du côté de la Chine et de certains pays du Groupe africain, à la Chine, on estime que « la suspension d’un pays était quelque chose qui nécessitait d’être encore discutée » tandis que Cuba s’y est clairement opposé.

Les membres du Conseil doivent se prononcer en fin de journée sur un projet de résolution proposé par les Européens réclamant la suspension de la Libye du Conseil dont elle est membre depuis mai 2010. C’est la première fois que le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu consacre une réunion à l’un de ses membres. Si la résolution est acceptée, l’Assemblée générale de l’ONU sera seule habilitée à ordonner une telle suspension. Le texte de résolution exige qu’une commission d’enquête indépendante de l’ONU se rende sur le terrain, pour recenser les violences qui pourraient être cataloguées comme « des crimes contre l’humanité ».

(Mise en perspective d’Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme)

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15/12/2017
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