Droits de l'homme en Tunisie : fin de la mission de l'ONU

Au terme d'une visite de cinq jours en Tunisie, une mission du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a quitté Tunis mercredi, en espérant que la transition débouche sur de profondes transformations institutionnelles et sociales.

Le Chef de la Mission décrit un climat d’effervescence en Tunisie avec beaucoup d’espoirs, mais aussi des réformes et plusieurs chantiers à mener. Selon Bacre Waly Ndiaye, le but de cette mission de l’ONU était d’accompagner ce mouvement de réformes en profondeur.

Parmi ces réformes, le Directeur de la Division du Conseil des droits de l’homme et des procédures spéciales insiste sur les changements à faire sur la Loi électorale et la liberté d’association qui permettront des élections libres et transparentes. « Cela permettra à la Tunisie de sortir de cette transition avec une différence profonde par rapport au régime dictatorial qui a prévalu jusqu’ici », fait remarquer Bacre Ndiaye.

La Mission de l’ONU a, au cours de sa visite de terrain, constaté un « déséquilibre entre les régions du littoral et les autres, les besoins criants d’une jeunesse qui manque de ressources, de dignité, d’emploi, mais aussi la situation des femmes qui, au sein des diplômés, constituent la majorité des chômeurs.

L’ONU plaide également pour une redéfinition de la relation entre l’Etat et la population qui doit être bâtie sur l’Etat de droit et le respect des droits du peuple tunisien. Et selon Bacre Ndiaye, s’il y a un secteur qui a un besoin fondamental de réforme, c’est bien l’appareil sécuritaire qui doit se mettre au service du peuple et non pas contre le peuple.

Interrogé sur la situation du Moyen-Orient et notamment pour savoir si les recommandations sur la Tunisie peuvent servir à d’autres pays comme l’Egypte, le Chef de la mission de l’ONU note que la situation en Tunisie a déjà fait tâche d’huile. Le rôle des Nations Unies, c’est d’accompagner ce mouvement, qui correspond aux aspirations et à la dignité, à la prospérité et à l’égalité. « Tous les espoirs sont permis mais tous les dangers ne sont pas écartés », fait-il remarquer.

Parmi ces dangers, beaucoup d’observateurs redoutent le retour d’un islamisme radical et le spectre du terrorisme a toujours été avancé pour justifier le soutien de certains régimes dans la région. Mais pour Bacre Waly Ndiaye, « ce n’est pas à l’ONU de dire aux Tunisiens ce qu’ils veulent faire de leur société » même s’il admet que « l’idéal, c’est d’avoir un système dans lequel chacun a une place et dans une société démocratique ».

Les troubles qui ont secoué la Tunisie pendant plus d’un mois et demi ont fait au total 219 morts et 510 blessés, selon le dernier bilan établi par la mission du Haut Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme.

(Interview : Bacre Waly Ndiaye, Chef de la mission du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU en Tunisie ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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16/10/2017
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