Droits de l'homme : éliminer les détentions arbitraires

A la lumière des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte ces dernières semaines, un groupe d'experts indépendants de l'ONU a appelé les gouvernements à travers le monde à porter plus d'attention aux aspirations de leurs peuples. Les Experts de l'ONU soutiennent que les récents événements qui se sont déroulés dans plusieurs pays sont l'expression de la frustration ressentie par de nombreux individus dont les voix ont été négligées ou ignorées par leur propre gouvernement.

Parmi les experts signataires de cet appel figure le Président du Groupe de travail sur la détention arbitraire. El Hadj Malick Sow est d’avis que ce qui est entrain de se passer est une étape charnière qui va « définitivement tourner la page des dictatures » que ça soit au Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs dans le monde. Il tire ainsi la sonnette d’alarme et invite tous les gouvernements qui sont des situations similaires d’en tirer les leçons. Durant les dernières semaines, des hommes et des femmes de nombreux pays notamment de Tunisie, d’Egypte ou du Belarus, ont exprimé un sentiment d’injustice « qui s’explique, parmi d’autres raisons, par le manque d’emploi et d’opportunités et le souhait de vivre normalement c’est-a-dire de pouvoir se nourrir et se loger décemment ». Ces populations ont dénoncé le déni de leur droit à la participation dans les décisions politiques soulignant ainsi le manque de respect des droits de l’homme : civils, culturels, économiques, politiques et sociaux, ont souligné les experts de l’ONU.

Après le vent démocratique constaté à la suite de la chute du Mur de Berlin en Europe de l’Est, la période des conférences nationales en Afrique au début dans les années 90, l’Expert de l’ONU note que ce nouveau printemps des droits humains est une étape charnière. Mais il concède qu’une révolution réussie, c’est celle qui se fait sans grands dommages, qui permet de prendre en charge l’ensemble des préoccupations des peuples de manière transparente, pacifique et sans violence.

De façon générale, les Experts de l’ONU se disent alarmés par l’augmentation des restrictions au droit à la liberté d’expression et d’information imposées par les gouvernements qui cherchent à réprimer le nombre croissant de personnes qui souhaitent être entendues. Ils ont déploré les morts et les blessés causés par l’usage disproportionné de la force par les autorités. « Comme les récents troubles l’ont démontré, ignorer les racines des causes de telles manifestations n’est pas durable », ont-ils conclu en soulignant que des réformes doivent être menées au niveau national et international pour que les droits de l’homme puissent être respectés.

Outre El Hadj Malick Sow, Président du Groupe de travail sur la détention arbitraire, le groupe d’experts indépendants de l’ONU est composé de l’Experte sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, Magdalena Sepulveda, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Franck La Rue, la Rapporteuse sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya, le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul, le Rapporteur spécial sur la torture et les traitements dégradants et inhumains, Juan Mendes, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns.

(Interview: El Hadj Malick Sow, Président du Groupe de travail sur la détention arbitraire ; propos recueillis par Alpha Diallo)


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23/10/2017
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