CNUCED : l'envoi de fonds pour le développement

Durant deux jours la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) organise à Genève une réunion d'experts consacrée à l'optimisation de la contribution au développement des envois de fonds. Il faut savoir que ces envois de fonds réalisés par des travailleurs migrants ou expatriés vers leur pays d'origine, sont deux fois et demie plus importants que l'aide publique au développement.

Les experts vont donc analyser les tendances des flux migratoires, les incidences des envois de fonds sur la réduction de la pauvreté et le développement dans les pays de destination, ainsi que les mesures qui permettraient de canaliser ces envois et d´autres fonds d´expatriés pour servir au mieux les besoins en matière de développement des pays de destination.

En 2009, les fonds envoyés aux pays en développement et aux pays les moins avancés représentaient 316 milliards de dollars. Une somme inférieure à celle de 2008, mais bien supérieure à l’aide publique au développement qui atteignait 120 milliards de dollars en 2009.

L’Asie, l’Amérique latine, puis l’Afrique sont les principales destinations de ces envois. La réunion intervient alors que le nombre de migrants est passé de 195 millions en 2005 à 215 millions en 2010. Les estimations pour 2050 font état de 405 millions de migrants.

L’utilisation des envois de fonds peut avoir des effets multiplicateurs sur le développement national. Les sommes considérées étant en majorité utilisées pur acquérir des biens et services essentiels produits localement, il y a un impact direct sur la demande et la production locales. Lorsqu’une partie des envois de fonds est affectée à l’épargne et à l’investissement dans des petites entreprises ou activités commerciales, l’effet multiplicateur s’accroît et perdure dans la mesure où de telles activités engendrent un flux régulier de revenus.

Parallèlement, d’autres fonds provenant d’expatriés peuvent être utilisés pour financer la construction d’infrastructures et des services publics, stabiliser la balance des paiements et améliorer la solvabilité extérieure, et promouvoir l’activité entreprenariale et le transfert de connaissances ou de compétences. Les participants s’intéresseront donc aux politiques et aux mesures susceptibles de canaliser les envois de fonds et autres fonds d’expatriés pour servir au mieux les besoins en matière de développement des pays de destination.

Cependant, d’importants obstacles contrarient les possibilités qu’offrent les envois de fonds de réduire la pauvreté et de promouvoir le développement. Ils peuvent être classés en deux catégories. La première concerne les transactions et la distribution – par exemple, coûts et possibilités pour les travailleurs expatriés de recourir à des moyens officiels de transfert de fonds plus fiables et plus sûrs, asymétrie de l’information et fiscalité des envois de fonds qui sont autant de facteurs qui augmentent les risques ou les coûts des envois de fonds. La deuxième catégorie d’obstacles concerne les flux migratoires et ce qui peut contrarier l’expansion des envois de fonds à l’avenir – par exemple, quotas numériques de travailleurs migrants, lourdeur des procédures d’obtention de visas, manque d’accès à la protection des revenus et à d’autres formes de sécurité sociale, politiques incohérentes des pays d’immigration.

Les participants détermineront les mesures qui pourraient être prises pour réduire le coût des transactions et accroître les envois de fonds à l’avenir. S’agissant de la question des migrations, l’accent sera plus particulièrement mis sur le rôle des accords commerciaux bilatéraux, régionaux et multilatéraux concernant le mouvement de personnes physiques (mode 4), les mécanismes de coopération bilatérale (tels que les accords bilatéraux sur la main-d’oeuvre) entre pays d’origine et pays de destination, et la cohérence des politiques dans les pays d’immigration.

Au cours de cette réunion, la CNUCED pour notamment compter sur les expertises du Bureau international du travail (BIT), du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation internationales pour les migrations (OIM) et du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

(Extrait sonore : Catherine Sibut, porte-parole de la CNUCED)

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23/10/2017
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