Catastrophes : les réduire pour sauver des milliers de vies

L'Assemblée générale des Nations Unies se réunit aujourd'hui à New York pour débattre de l'importance de la prévention des catastrophes naturelles notamment en milieu urbain, afin de réduire leur incidence sur l'économie et les vies des personnes. Rien qu'en 2010, plus de 370 catastrophes ont causé la mort de 300 000 personnes et coûté plus de 110 milliards de dollars.

Les décombres à Port au Prince en Haïti

Les décombres à Port au Prince en Haïti

« L’année dernière, plus d’un quart de million de personnes ont été tuées par des catastrophes. Des tremblements de terre en Haïti, au Chili et en Chine, aux inondations au Pakistan et en Europe, en passant par les incendies en Russie et les cyclones aux États-Unis et en Asie. Ils montrent qu’aucun pays ou ville -riche ou pauvre- n’est à l’abri des catastrophes », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en ouverture d’un débat informel de l’Assemblée générale sur la réduction des risques. Devant les Etats membres, il a souligné que « trop souvent, les pays pauvres souffrent de manière disproportionnée » de ces catastrophes naturelles, avant d’être ensuite confrontés aux plus grandes difficultés pour reconstruire.

Pour Ban Ki-moon, tous ces décès dus aux catastrophes naturelles « auraient pu être évités ». « Des vies peuvent être sauvées en se préparant, en construisant des écoles, des maisons, des hôpitaux, des villes qui résistent à ces aléas », a-t-il insisté, avant de souligner que la réduction des risques prendrait à l’avenir « une place de plus en plus importante », car « les changements climatiques et les évènements météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents et plus intenses ».
De son côté, le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss, a lui aussi estimé que la réduction des risques de catastrophes était « cruciale pour consolider les avancées dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ». Estimant que « la réduction de la vulnérabilité » devait figurer « en tête des priorités de la communauté internationale », Joseph Deiss s’est félicité de « la progression de la mise en œuvre aux niveaux national, régional et global du Cadre d’Action de Hyogo ».

La Représentante spéciale des Nations Unies pour la réduction des catastrophes a insisté sur l’importance de la prévention. C’est important selon Margareta Wahlström parce que les gens ne devraient pas perdre la vie dans les catastrophes. C’est important parce que les pays et les gens perdent beaucoup d’argent lors des catastrophes et c’est important parce que cela entraîne l’instabilité sociale et politique lorsque les gens ne se sentent pas en sécurité.

Plusieurs pays africains investissent dans la prévention depuis des années, a-t-elle ajouté. Le Mozambique a beaucoup investi dans des programmes de réponse, d’éducation et de sensibilisation suite aux cyclones. L’Ethiopie et les pays du Sahel qui sont exposés à la sécheresse, tels que le Mali lutte contre la déforestation, la sécheresse et le surpeuplement en investissant dans l’agriculture et dans un filet de sauvegarde sociale.

Il est possible de faire de la prévention sans pour autant avoir à payer pour elle. Il suffit, selon Margareta Wahlström, de commencer par revoir la façon de construire les routes, de choisir l’emplacement des écoles et les infrastructures sociales, ainsi que le système de gestion des eaux.

(Extrait sonore : Margareta Wahlström, Représentante spéciale des Nations Unies pour la réduction des catastrophes)


LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
18/10/2017
Loading the player ...