Pays les moins avancés : bilan mitigé selon Cheick Sidi Diarra

À quelques mois de la tenue de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (Conférence PMA IV), dont les travaux auront lieu à Istanbul, en Turquie, du 9 au 13 mai 2011, son Comité préparatoire intergouvernemental se réunit pour la première fois cette semaine à New York, sous la présidence de Jarmo Viinanen, de la Finlande.

Les pays les moins avancés

Les pays les moins avancés

Estimant que la Conférence PMA IV serait « la plus importante conférence de développement de la décennie qui s’ouvre », le Haut Représentant pour les PMA, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, Cheikh Sidi Diarra, a prévenu que le programme d’action qui sera adopté au terme de cette Conférence devra corriger les erreurs et les insuffisances constatées dans les trois précédents programmes, dont les mises en œuvre n’ont pas pu permettre aux pays les plus pauvres de la planète d’améliorer leur difficile situation de manière significative.

Des progrès indiscutables ont certes été accomplis au cours de la décennie écoulée par les PMA, « que ce soit en matière de gouvernance démocratique, de santé, d’éducation, d’autonomisation des femmes ou d’assainissement », a reconnu le représentant du Népal, qui s’exprimait au nom du Groupe des pays les moins avancés. Mais il n’en reste pas moins que les 49 pays qui figurent sur la liste des PMA, dont une majorité sont situés en Afrique, restent très peu développés sur le plan économique et sont toujours extrêmement vulnérables aux impacts négatifs des crises internationales, a-t-il déploré.

Les PMA sont une catégorie de pays créée en 1971 par les Nations Unies, au sein de laquelle sont regroupés les pays du monde les moins développés au plan socioéconomique. Ils présentent les indices de développement humain (IDH) les plus faibles et doivent, à ce titre, faire l’objet d’une attention particulière de la part de la communauté internationale.

Les mutations structurelles attendues pour ces pays n’ont toujours pas eu lieu, regrette Cheick Sidi Diarra. La pauvreté y est toujours persistante, ayant reculé de 60,4 à 53,4% à peine, a-t-il fait observer, avant de préciser que 78% de la population de ces pays vivaient toujours avec moins de 2 dollars par jour.

Confrontés de surcroît à un boom démographique deux fois supérieur à celui des autres pays en développement, les PMA verront, d’ici à 2025, leur population active croître de plus de 200 millions de personnes, ceci, sur un marché de l’emploi déjà largement dépassé par l’ampleur de la demande actuelle.

Dans ce contexte, les États Membres et les ONG et organisations intergouvernementales qui ont pris la parole aujourd’hui ont, de façon unanime, reconnu que la Conférence d’Istanbul devait définir les lignes de force d’un programme d’action qui soit en rupture avec l’esprit et la lettre de ceux qui l’ont précédé.

Pour le Haut Représentant, comme pour le Groupe des PMA, les priorités les plus importantes vont de la diversification des capacités productives des pays concernés au lancement d’une « révolution verte » destinée à renforcer la sécurité alimentaire dans les PMA, en passant par des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, et par la levée des barrières tarifaires et des politiques de quotas qui entravent l’accès des produits des PMA au commerce international et aux marchés des pays développés. Toutes les recommandations qui seront faites dans le futur programme d’action d’Istanbul devront être appliquées et mises en œuvre sous la bannière de l’appropriation nationale, devenue indispensable.

(Interview: Cheick Sidi Diarra, Haut Représentant pour les PMA, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)


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20/10/2017
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