Côte d’Ivoire : le mandat de l’ONUCI renouvelé

Le Conseil de sécurité a décidé lundi de renouveler le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) jusqu'au 30 juin 2011 avec un effectif de 8650 membres et de prolonger jusqu'au 31 mars 2011 le déploiement temporaire du renfort de 500 hommes, alors que le pays est confronté à une crise politique après le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre.

Côte d'Ivoire

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En outre, il décide de proroger jusqu’au 30 juin 2011 l’autorisation qu’il a donnée aux forces françaises de soutenir l’ONUCI dans la limite de leur déploiement et de leurs moyens.

Dans leurs résolution, les membres du Conseil demandent « instamment à toutes les parties et acteurs ivoiriens de respecter la volonté du peuple et les résultats du scrutin, attendu que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine ont reconnu en M. Alassane Dramane Ouattara le Président-élu de la Côte d’Ivoire et le représentant des suffrages librement exprimés du peuple ivoirien, ainsi que l’a proclamé la Commission électorale indépendante. »

Le Conseil « condamne la persistance des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire contre des civils signalées dans différentes parties du pays, notamment les nombreux actes de violence sexuelle commis dans l’impunité » et souligne « que les auteurs d’infractions doivent être traduits en justice ».

Les membres du Conseil de sécurité prient instamment « toutes les parties de collaborer pleinement à l’action de l’ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent, notamment en assurant leur sécurité et leur liberté de mouvement et en leur donnant un accès sans obstacle ni retard à tout le territoire de la Côte d’Ivoire. » Ils demandent également à toutes les parties ivoiriennes concernées « à rétablir sans tarder les émissions des médias ivoiriens non publics » et d’éviter d’utiliser les médias pour inciter à la haine.

Le Conseil de sécurité « réaffirme qu’il est prêt à prendre des mesures, y compris des sanctions ciblées, à l’encontre des personnes, qui entre autres agissements, menacent le processus de paix et la réconciliation nationale. »

De son côté, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, YJ Choi, a déclaré lors d’une conférence de presse lundi que malgré les actes hostiles du camp du Président sortant Laurent Gbagbo contre la communauté internationale, l’ONUCI continuerait à faire son travail.

« A partir du 15 décembre, le camp du Président Gbagbo a commencé à augmenter les actes hostiles contre la communauté internationale, dont le corps diplomatique, les Forces impartiales, et l’ONUCI », a souligné M. Choi, lors d’une conférence de presse à Abidjan, la capitale économique de Côte d’Ivoire.

S’agissant de l’ONUCI, le camp Gbagbo a commencé à renforcer les postes de contrôle établis sur la route d’accès à l’Hôtel du Golf, où réside le Président élu Alassane Ouattara. « Il a commencé à bloquer les véhicules de l’ONUCI, y compris une ambulance de l’ONUCI transportant du personnel médical. En outre, les postes de contrôle ont commencé, épisodiquement, à refuser à des camions transportant de l’eau et de la nourriture l’accès à Hôtel du Golf, privant des civils et des Casques bleus d’eau, de nourriture et de médicaments », a souligné YJ Choi.

Au cours de la nuit du 17 au 18 décembre, une patrouille de Casques bleus a été suivie par une voiture civile transportant six hommes armés vêtus d’uniformes militaires. Ils ont tiré sur le véhicule de l’ONUCI alors qu’il rentrait dans le quartier-général de la Mission à 1 heure du matin. Ils ont continué à tirer sur la sentinelle le long du mur. La sentinelle a riposté et ils se sont enfuis.

« Depuis le 18 décembre, le camp du Président Gbagbo a commencé à envoyer des jeunes hommes armés aux domiciles de certains employés de l’ONU, frappant à la porte et demandant leur date de départ ou entrant dans leur domicile sous le prétexte de rechercher des armes. Leur moment préféré pour de telles visites jusqu’à maintenant a été pendant la nuit. De tels actes sont des signes clairs d’un manque de modération qui est indispensable dans l’exercice du pouvoir », a dit le Représentant spécial de l’ONU.

(Mise en perspective de Jérôme Longué)


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17/10/2017
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